Israël : le ministère de la Santé veut imposer l'ajout d'iode au sel
Le ministère de la Santé en Israël avance une réglementation pour rendre obligatoire l'ajout d'iode au sel de table, luttant contre les carences constatées chez les enfants et femmes enceintes.

Face à des données indiquant une carence importante en iode chez les enfants et les femmes enceintes, le ministère de la Santé promeut de nouvelles réglementations qui obligeront à ajouter de l'iode au sel de table à usage domestique. Cette mesure a été présentée ce mardi par la P<sup>rof</sup> Sigal Sadetsky, cheffe de la division de la santé publique, et la D<sup>r</sup> Moran Bleichfeld-Magenazi, directrice de la division de la nutrition au ministère. Selon le ministère, ces réglementations devraient être mises en œuvre d'ici environ deux ans.
Selon les données du ministère, une enquête menée en 2016 auprès de plus de 1 000 enfants d'âge scolaire et d'environ 1 000 femmes enceintes de toutes les régions et de tous les secteurs en Israël a révélé qu'environ 60 % des enfants et environ 85 % des femmes enceintes souffraient d'une carence en iode. Les données du Programme national de surveillance biologique recueillies entre 2020 et 2021 ont également indiqué un tableau similaire, sans amélioration significative de la situation de l'iode dans la population par rapport à 2016.
Importance de l'iode pour la santé publique
« L'enrichissement du sel de table en iode est une mesure d'une grande importance pour la santé publique », a déclaré la P<sup>rof</sup> Sadetsky.
Selon elle, l'iode est un nutriment essentiel que le corps ne produit pas lui-même et qui doit donc être obtenu par l'alimentation. Il est nécessaire à la production des hormones thyroïdiennes, qui participent entre autres à la croissance, au développement et au métabolisme. Une carence en iode peut entraîner des troubles cognitifs et neurologiques, un élargissement de la glande thyroïde et une hypothyroïdie, ainsi qu'un risque accru de malformations congénitales, de mort fœtale et de mortalité infantile.
La P<sup>rof</sup> Sadetsky a souligné que l'enrichissement du sel en iode est une intervention de santé publique ancienne et éprouvée, mise en œuvre dans de nombreux pays à travers le monde. Le ministère indique que plus de 120 pays imposent l'enrichissement du sel en iode. Après l'entrée en vigueur de la réglementation, le ministère prévoit d'effectuer une surveillance biologique pour examiner l'impact de la mesure sur les niveaux d'iode dans la population et, si nécessaire, d'actualiser le taux d'enrichissement.
L'impact de l'eau dessalée
La D<sup>r</sup> Bleichfeld-Magenazi a expliqué que les sources alimentaires naturelles d'iode comprennent notamment le poisson, les produits laitiers et les œufs, mais que la teneur en iode des aliments n'est pas fixe et peut varier. Un document du ministère de la Santé indique également que la forte dépendance d'Israël à l'égard de l'eau dessalée, dont les concentrations d'iode sont très faibles, a réduit la contribution déjà limitée de l'eau potable à l'apport en iode.
La réglementation s'appliquera au sel de table à usage domestique, et non au gros sel, aux sels spéciaux ou au sel utilisé par l'industrie agroalimentaire. Selon le ministère, le sel de table représente environ 85 % à 90 % des achats de sel des ménages en Israël, mais le sel ajouté à la maison ou lors de la préparation des aliments ne représente qu'environ 15 % de la consommation quotidienne de sel, tandis que la majeure partie du sel provient d'aliments transformés et industriels. Le taux d'enrichissement prévu est de 30 mg d'iode par kg de sel, et il devrait ajouter environ 45 microgrammes d'iode à la consommation quotidienne.
Le ministère souligne que cette mesure ne modifie pas la recommandation de réduire la consommation de sel. L'intention est de remplacer le sel de table ordinaire par du sel enrichi en iode, sans augmenter la quantité totale de sel consommée. Selon la D<sup>r</sup> Bleichfeld-Magenazi, des discussions avec l'industrie ont révélé que le coût de l'ajout d'iode est faible et ne devrait pas entraîner de hausse des prix pour les consommateurs, et le goût du sel ne devrait pas non plus être modifié.




