Mathématiques et sciences : des données alarmantes sur la qualification des enseignants en Israël
Les données du Bureau central des statistiques révèlent que seule la moitié des enseignants de sciences et de mathématiques au primaire sont qualifiés. Beaucoup enseignent sans les diplômes requis pendant des années. Face à la baisse des résultats internationaux, près d'un quart des nouveaux enseignants quittent le métier en cinq ans.

Près de la moitié des enseignants qui instruisent les enfants en sciences et en mathématiques dans les écoles primaires ne possèdent pas la qualification professionnelle requise. De nouvelles données publiées par le Bureau central des statistiques (BCS) révèlent un écart significatif entre le nombre d'enseignants dans le système et leur adéquation réelle aux matières enseignées.
Le déficit de qualification
Le taux d'adéquation pour l'enseignement des sciences dans le primaire n'est que de 52 %, ce qui signifie que près de la moitié des enseignants ne sont pas qualifiés pour cette discipline. Dans les collèges, la situation est meilleure avec un taux de 79 %, contre 63 % en 2011/12. Il ne s'agit pas d'une solution temporaire : environ 56 % des enseignants sans qualification dans le primaire enseignent la matière depuis trois ans ou plus. Ce chiffre atteint 70 % dans les collèges.
La situation est similaire en mathématiques : seule la moitié des enseignants du primaire sont qualifiés. Dans les collèges et lycées, ce taux se situe autour de 80-81 %. Là aussi, de nombreux enseignants non qualifiés occupent leur poste depuis plusieurs années.
Le défi du maintien des effectifs
Les données montrent une difficulté majeure à retenir les nouveaux enseignants. Dans le primaire, 11,3 % des nouveaux professeurs de sciences quittent le métier après un an, et 23,2 % après cinq ans. Au lycée, le taux d'abandon est encore plus marqué : en cinq ans, 30,6 % des nouveaux enseignants en informatique, 26 % en biologie, 25,5 % en chimie et 23,7 % en physique quittent le système.
Plus d'enseignants, mais moins d'heures
Le nombre d'enseignants a pourtant fortement augmenté : on compte 15 949 enseignants en sciences pour l'année 2025/26, soit une hausse de 42 % par rapport à 2011/12. Cependant, le volume d'heures d'enseignement n'a progressé que de 20 %. Pire, sur la dernière année, le nombre d'enseignants a augmenté de 2,3 % alors que le nombre d'heures d'enseignement a diminué de 0,3 %.
Contexte international
Ces chiffres sont d'autant plus préoccupants que les tests TIMSS de décembre 2024 ont révélé un creux de 17 ans dans les résultats des élèves israéliens, classant Israël au 23e rang en mathématiques et au 25e rang en sciences. Les derniers résultats PISA confirment également que les performances des élèves israéliens restent inférieures à la moyenne de l'OCDE.
Face à ce constat, le ministre de l'Éducation Yoav Kisch a lancé le plan quinquennal « Israël réel », doté de 1,485 milliard de shekels jusqu'en 2028. Ce plan prévoit d'augmenter les heures de cours en STEM, de réformer les programmes et de former 14 000 enseignants. Toutefois, les données du BCS rappellent que le succès de ce plan dépendra non seulement du nombre d'enseignants, mais surtout de leur formation et de la capacité du système à les fidéliser.





