Le Maccabi et l'Hapoel Tel-Aviv s'affrontent lors du premier derby de la saison
Le Maccabi et l'Hapoel Tel-Aviv s'affrontent ce soir lors du premier derby de la saison en Supercoupe, au terme d'un été marqué par des investissements records et des transferts retentissants.

Avant même que la saison ne commence, le Maccabi et l'Hapoel Tel-Aviv ont alimenté toutes les chroniques estivales : batailles de propriétaires, recrutements XXL et chassé-croisé retentissant entre les meneurs Yam Madar et Tamir Blatt. Les deux clubs ont investi des sommes records pour espérer franchir un cap. L'Hapoel vise le Final Four en Euroligue et ambitionne de dominer la scène nationale, tandis que le Maccabi cherche à panser les plaies de ses récentes déceptions européennes. Ce soir, à l'occasion de la Supercoupe sociale, toutes ces intrigues se déportent sur le parquet pour le premier derby de la saison.
Des budgets pharaoniques et des salaires records
Pour mesurer l'ampleur de l'été, il suffit de se pencher sur les chiffres. L'Hapoel affiche un budget avoisinant les 70 millions de dollars, dont environ 33 millions nets de salaires pour un effectif pléthorique de 22 joueurs, comprenant 11 étrangers, 4 naturalisés et 7 Israéliens. Le Maccabi émarge quant à lui à près de 50 millions de dollars, avec environ 18 millions nets dédiés aux joueurs. Si l'écart financier saute aux yeux au sommet de la grille salariale, les Jaune et Bleu ont également consenti un effort considérable pour bâtir l'une de leurs équipes les plus onéreuses de ces dernières années.
La liste des salaires de l'Hapoel est menée par Vasilije Micić, qui entame la deuxième année d'un bail de trois ans assorti de 6 millions de dollars par saison, conservant ainsi le statut de joueur le mieux payé d'Europe. Il devance Elijah Bryant (5 millions), Zach LeDay (3 millions) et John Oturu (2,5 millions). Du côté du Maccabi, les chiffres sont plus mesurés : Daniel Theis mène la danse avec 2,2 millions de dollars, suivi de Yam Madar — devenu le joueur israélien le mieux payé de la ligue avec 2 millions —, ainsi que d'Iffe Lundberg et Jalen Hoard (1,8 million).
Tensions en coulisses et gestion des egos
Au-delà du terrain, le Maccabi doit composer avec des remous institutionnels. Les querelles d'actionnaires se poursuivent, la famille Recanati et Shimon Mizrahi ayant exigé l'intégration de Jason Levin dans la procédure d'arbitrage tout en accusant Richard Dietz de « double jeu ». Ce dernier a répliqué en qualifiant leur démarche de « trompeuse et embarrassante ». Malgré ces turbulences extra-sportives, l'entraîneur Oded Kattash doit préserver son vestiaire pour aborder sereinement cette longue campagne.
L'Hapoel fait face à ses propres défis internes, nourris cette fois par la profondeur abyssale de son effectif. Avec 22 éléments à sa disposition, Dimitris Itoudis devra trancher chaque soir sur les joueurs aptes à fouler le parquet. Savoir canaliser les frustrations et fixer une hiérarchie claire sera impératif pour éviter qu'un groupe pléthorique ne sombre dans le chaos.
Un derby sous haute tension
La rivalité a atteint son paroxysme cet été avec le transfert croisé de Madar et Blatt. Après des semaines de tractations, Madar a rejoint le Maccabi tandis que Blatt a emprunté le chemin inverse. Cependant, le scénario a pris une tournure inattendue : Madar s'apprête à faire ses débuts officiels sous ses nouvelles couleurs précisément face à son ancien club, tandis que Blatt, blessé et hors des plans d'Itoudis, s'entraîne à l'écart en attendant un prêt en Europe.
Le contrat pharaonique de Madar a par ailleurs provoqué des remous en interne, notamment auprès de Roman Sorkin. Lié pour trois saisons supplémentaires à raison de 900 000 dollars par an — soit moins de la moitié du salaire de Madar —, l'intérieur israélien espérait une revalorisation. Face à l'impasse des négociations, Sorkin reste sous contrat mais exprime une frustration certaine.
Ce premier rendez-vous de la Supercoupe ne livrera pas toutes les réponses quant à l'issue de la saison, mais il offrira un premier état des lieux de ces deux mastodontes financiers, sommés de transformer rapidement leurs investissements en un collectif redoutable.





