Critique : The Luckiest Man in America ou le scandale d'un jeu télévisé

Critique de The Luckiest Man in America, un film avec Paul Walter Hauser retraçant le scandale du jeu télévisé de Michael Larson en 1984, entre forces et faiblesses.

MakoAuteur : Tomer Kamerling
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Critique : The Luckiest Man in America ou le scandale d'un jeu télévisé
Photo : Mako / מרתק גם כשהוא קצת מעיק. פול וולטר האוזר ב"איש החידות" | צילום: באדיבות סרטי שובל וסרטי יונייטד קינג, יחסי ציבור

Un homme à l'apparence négligée se présente à l'audition d'un jeu télévisé, affichant un comportement erratique évoquant un trouble de la personnalité. Pire encore, il s'avère qu'il est un imposteur ayant usurpé la place d'un autre candidat. Bien qu'initialement expulsé, le producteur décèle quelque chose d'intrigant chez ce drôle de personnage et l'invite tout de même à concourir. C'est ainsi que commence The Luckiest Man in America, une adaptation cinématographique libre de l'histoire vraie de Michael Larson, qui a participé au jeu télévisé Press Your Luck en 1984. Les premiers moments offrent une véritable promesse, capturant la tension électrique d'un outsider imprévisible s'apprêtant à tout risquer sur un plateau télé.

Paul Walter Hauser Brille dans un Film Inégal

Larson, qui joignait difficilement les deux bouts en tant que chauffeur de camion de glaces dans l'Ohio, est incarné par Paul Walter Hauser. Le choix de casting est parfait ; Hauser est un acteur comico-dramatique exceptionnel (Moi, Tonya, Le Cas Richard Jewell) et catcheur, apportant une énergie idéale, à la fois amusante et inquiétante. Malheureusement, une trop grande partie des 91 minutes du long-métrage est gaspillée dans des séquences où Larson progresse simplement dans le jeu, accumulant de l'argent tandis que tout le monde comprend que quelque chose cloche. Plus de la moitié du film s'écoule avant de nous donner une raison de nous intéresser au protagoniste. Lorsque ses motivations se dévoilent enfin, il est déjà trop tard sur le plan émotionnel.

Un Réalisateur en Manque de Maturité et un Casting Solide

Le réalisateur et scénariste Samir Oliveros s'aventure sur un terrain exploré par de grands noms tels que Robert Redford (Quiz Show), Paul Thomas Anderson (Magnolia) et Danny Boyle (Slumdog Millionaire). On a l'impression qu'Oliveros a tenté de fusionner les approches des trois, mais le film manque cruellement de la sophistication de Quiz Show ou de la brillance de Magnolia. Il s'agit d'un deuxième long-métrage encore brouillon qui peine à instaurer un réel suspense ou une satire percutante.

Malgré ses défauts, le film n'est pas un échec total. Hauser est fascinant et David Strathairn livre une excellente prestation en producteur sans colonne vertébrale. Bien que le rythme flanche et que les réponses arrivent tardivement, l'exploration des motivations de ce perdant de l'Ohio rend l'ensemble curieusement digne d'intérêt.

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