L'ère de la crypto : les lois des années 70 vont-elles être mises à jour ?
Comment adapter le marché des capitaux à un monde où les actions peuvent être transférées via la blockchain ? La Commission américaine des opérations de bourse (SEC) propose de mettre à jour les anciennes règles et d'intégrer dans le cadre constitutionnel des technologies telles que la blockchain. Quel est le lien avec l'intelligence artificielle et qu'est-ce que la tokenisation ?

La Commission américaine des opérations de bourse (SEC) propose d'apporter des changements significatifs aux règles applicables aux agents de transfert, entités responsables de la gestion des registres de propriété des actions et de la documentation des transferts entre investisseurs. Ces règles, datant de la fin des années 70 et du début des années 80, doivent être adaptées à une réalité où le marché des capitaux devient de plus en plus numérique.
Dans le système traditionnel, un agent de transfert gère les registres officiels via des systèmes informatisés. Dans ce nouveau monde, les registres peuvent être gérés via la blockchain, un grand livre numérique permettant d'enregistrer les transactions de manière transparente et décentralisée. La SEC a déjà précisé que la technologie blockchain pouvait être utilisée pour gérer les registres des actionnaires, sous réserve du respect des exigences légales en matière de sécurité, de reporting et de conservation des données.
La proposition de la Commission est portée par le principe de la « tokenisation » : transformer un actif (action, bien immobilier ou obligation) en un actif numérique transférable via la blockchain. Au lieu que le transfert de propriété ne soit enregistré que dans le système d'une institution financière, il peut être effectué via une infrastructure numérique fonctionnant 24h/24 et 7j/7 en temps réel. Cette idée n'est plus théorique : de grandes institutions financières développent des systèmes pour négocier ces actifs, tandis que des entreprises du secteur crypto commencent à assumer des rôles auparavant réservés aux institutions financières traditionnelles.
La mise à jour proposée par la SEC ne se limite pas à la blockchain. La Commission cherche également à adapter les règles à l'utilisation généralisée des systèmes électroniques et de l'intelligence artificielle. Dans un document de plusieurs centaines de pages, elle aborde les risques liés à la fiabilité des informations sur la blockchain, à la sécurité des actifs numériques et à l'utilisation de systèmes automatisés, afin de garantir que cette transition technologique ne se fasse pas au détriment de la protection des investisseurs.
L'implication majeure est que la crypto pénètre profondément le système financier traditionnel. Si les actifs numériques étaient autrefois perçus comme un domaine distinct du monde boursier, les régulateurs préparent désormais l'infrastructure pour un monde où une action pourrait passer de main en main presque comme une monnaie numérique.
Si cette proposition est approuvée, elle constituera une étape supplémentaire dans la volonté des États-Unis de remplacer une réglementation conçue pour une autre ère financière. Ces nouvelles règles seront adaptées à un marché où la blockchain, la tokenisation et l'intelligence artificielle font partie intégrante de l'économie mondiale.





