La revendication de Lieberman menace les pourparlers gouvernementaux
Les négociations pour former un gouvernement alternatif en Israël achoppent sur l'exigence d'Avigdor Lieberman d'exercer en premier les fonctions de Premier ministre.

Des tensions politiques apparaissent au sein du bloc d'opposition et du centre-gauche alors que les négociations pour former un gouvernement alternatif font face à un obstacle majeur. Selon des sources proches des pourparlers, le chef d'Israël Beytenou, Avigdor Lieberman, exige d'occuper en premier le poste de Premier ministre dans le cadre d'un accord de rotation, bloquant ainsi les discussions.
À l'issue des récentes élections, le bloc mené par Gadi Eisenkot a obtenu 48 mandats, tandis que les partis arabes en ont remporté 19, totalisant ainsi 67 sièges. Cependant, sans les sept mandats d'Israël Beytenou, le reste de l'opposition et les formations arabes se retrouvent avec seulement 60 sièges, faisant de Lieberman l'arbitre incontournable de cette éventuelle coalition.
Le Précédent Bennett et les Exigences Politiques
Les sources indiquent que la revendication de Lieberman ne serait pas négociable de son point de vue, créant de vives tensions avec les factions soutenant Gadi Eisenkot. Bien qu'Israël Beytenou ne dispose que de sept sièges — contre 21 pour la formation de Gadi Eisenkot et 12 pour le parti BeYachad de Naftali Bennett —, Lieberman s'estime pleinement légitime pour diriger l'exécutif.
Les observateurs estiment que Lieberman cherche à s'inspirer du précédent politique établi en 2021 par Naftali Bennett, qui avait exercé en premier les fonctions de Premier ministre aux côtés de Yaïr Lapid malgré un parti plus petit. En outre, Lieberman serait disposé à revenir sur ses promesses de campagne excluant toute alliance s'appuyant, directement ou indirectement, sur les partis arabes ou ultra-orthodoxes.
Dilemme et Formules de Compromis
Alors que certains membres du bloc craignent qu'une telle concession n'entame la légitimité du futur gouvernement, d'autres reconnaissent qu'aucune majorité alternative ne peut voir le jour sans le concours d'Israël Beytenou.
Des formules de compromis sont actuellement à l'étude pour offrir à Lieberman des gains politiques substantiels, tels qu'un mandat initial raccourci, des portefeuilles ministériels de premier plan ou des prérogatives élargies. Lieberman fait désormais face à un choix décisif entre assouplir ses positions pour permettre le changement de gouvernement ou risquer de mener le pays vers de nouvelles élections.



