Les téléphones ont été retirés des écoles — et le changement pendant les récréations a été spectaculaire
74 % des élèves ayant participé à la démarche à Tel-Aviv n'utilisent pas de smartphone pendant les récréations ou le font rarement. Les enseignants signalent une augmentation de l'activité sociale. Au cours de la prochaine année scolaire, la démarche sera étendue aux 37 écoles secondaires de la ville.

Les résultats préliminaires d'une étude menée en collaboration avec l'Université de Tel-Aviv et l'Université Bar-Ilan indiquent des effets significatifs de la démarche « Éducation avec attention » (Hinuch be-keshev) de la municipalité de Tel-Aviv-Jaffa.
La démarche, initiée par le maire de Tel-Aviv-Jaffa, Ron Huldai, comprend le retrait des smartphones de l'environnement d'apprentissage grâce à l'utilisation de casiers dédiés, la formation des équipes éducatives, un travail conjoint avec les parents et une intégration intelligente de la technologie pour favoriser l'apprentissage.
L'étude, menée par la professeure Anelia Schlosser, le docteur Roi Levy et Edgar Muchnik du département d'économie de l'Université de Tel-Aviv, ainsi que par le docteur Yuval Ofek-Shani de l'Université Bar-Ilan, suit les effets de la démarche visant à retirer les téléphones de l'environnement d'apprentissage sur les élèves et les enseignants des écoles secondaires de la ville.
Le constat central : un changement spectaculaire pendant les récréations
L'effet le plus marquant a été mesuré pendant les récréations. Dans les écoles ne participant pas à la démarche, 79 % des élèves utilisent leur téléphone avec une fréquence moyenne ou élevée pendant les récréations. En revanche, 74 % des élèves dans les écoles participant à la démarche ne les utilisent pas du tout ou les utilisent rarement — un écart réel.
Le temps libéré par le téléphone ne reste pas vide. Les enseignants des écoles participant à la démarche ont signalé, à des taux significativement plus élevés que leurs collègues, des activités sociales positives des élèves pendant les récréations. De plus, une indication initiale positive d'amélioration de la concentration a été trouvée — bien que les chercheurs notent qu'à ce stade, il n'est pas possible d'affirmer avec certitude que l'amélioration est directement causée par la démarche.
Il est important de noter que la démarche n'a pas conduit à un débordement significatif vers une utilisation accrue du téléphone en dehors des heures scolaires. Il peut y avoir une légère augmentation après l'école, mais elle ne compense pas les heures passées à l'école sans téléphone. De même, aucune augmentation de l'utilisation d'appareils alternatifs tels que les tablettes n'a été mesurée.
Contexte : les élèves sont conscients du problème — mais ont du mal à changer seuls
Les données de l'étude indiquent une situation préoccupante : la plupart des élèves utilisent leur téléphone plus de trois heures par jour, et 50 % d'entre eux passent plus de deux heures par jour sur les réseaux sociaux. Ce qui distingue ces résultats, c'est que les élèves en sont conscients : une partie importante d'entre eux reconnaît qu'ils ont du mal à réguler leur utilisation et qu'ils les utilisent plus qu'ils ne le jugent bon pour eux, et plus d'un tiers estime qu'une réduction de l'utilisation améliorerait leur sommeil, leur concentration et leurs notes.
L'écart entre la prise de conscience et le changement réel s'explique en partie par les influences sociales : les élèves estiment qu'une réduction de l'utilisation leur sera beaucoup plus bénéfique lorsque toute la classe le fait ensemble, plutôt que lorsqu'ils sont tenus de le faire seuls. Ce constat renforce fortement la logique d'une intervention scolaire collective, plutôt que de laisser la responsabilité uniquement entre les mains de l'enfant et de la famille.
La résistance s'atténue avec le temps
Au début de la démarche, la satisfaction des élèves vis-à-vis de la nouvelle politique était faible, mais tout au long de l'année, elle a augmenté de manière significative — surtout parmi ceux qui étaient initialement très mécontents. La tendance est encourageante et indique une adaptation progressive et positive à une nouvelle norme.
La plupart des éducateurs participant à la démarche ont suivi une formation sur l'utilisation appropriée des smartphones et ont mené davantage d'activités sur le sujet par rapport à leurs collègues.
Prochaines étapes
Après un programme pilote mené l'année dernière dans un nombre limité d'écoles, au cours de l'année scolaire 5787 (2026/27), la démarche « Éducation avec attention » sera étendue aux 37 écoles secondaires de la ville.
Dans le cadre de la mise en œuvre complète du programme, tous les collèges et lycées travailleront à réduire les distractions dans l'espace d'apprentissage, parallèlement à l'assimilation d'outils et de pratiques visant à renforcer l'attention, la concentration et la présence des élèves, ainsi qu'à renforcer la communication interpersonnelle et les relations entre eux.
Parallèlement, au cours de l'année scolaire 5787, un nouveau programme débutera dans neuf collèges de la ville, dans lequel les élèves de 7e année apprendront à l'aide d'ordinateurs portables de type Chromebook.
Ces ordinateurs permettront aux équipes enseignantes de gérer un environnement pédagogique numérique ciblé, de promouvoir un apprentissage différencié et d'intégrer la technologie de manière contrôlée et adaptée aux objectifs d'enseignement et d'apprentissage. Le programme est accompagné d'une recherche académique et est construit sur le concept selon lequel l'attention est une base pour l'apprentissage, le bien-être émotionnel et le sentiment d'appartenance.
L'équipe de recherche prévoit de mener des enquêtes supplémentaires au cours de l'année scolaire 5787-5788 qui permettront une évaluation plus approfondie, l'examen des obstacles qui empêchent les élèves de réduire leur utilisation, ainsi qu'une étude dédiée sur l'effet de la réduction sur la concentration et la mémoire de travail.





