"Les policiers m'ont tabassé" : la plainte d'un accusé de cambriolage et la critique du tribunal
Un résident illégal est accusé d'avoir cambriolé un bar à vin à Tel-Aviv et d'avoir volé du matériel d'une valeur de 4 000 shekels. Après son arrestation, il a été hospitalisé avec des blessures au visage et a dû suivre un régime liquide pendant six semaines. Le juge a relevé un écart significatif entre le rapport de police et le certificat médical, ordonnant la libération sous caution du prévenu.

Un jeune homme originaire d'Aqraba, dans la région de Shechem (Naplouse), poursuivi pour séjour illégal en Israël et cambriolage d'un bar à vin à Tel-Aviv, a été hospitalisé après son arrestation. Il souffrait de blessures importantes au visage et aux dents, l'obligeant à se nourrir exclusivement d'aliments liquides pendant six semaines.
Le prévenu a déposé plainte auprès du Département des enquêtes sur les crimes commis par des policiers (Mahash), affirmant avoir été battu lors de son interpellation. La police soutient qu'une lutte a éclaté en raison de la résistance de l'accusé, tandis que son avocate maintient la thèse des violences policières. Le juge Benjamin Hirschl Doron a souligné la difficulté de concilier les rapports opérationnels avec l'état médical du prévenu et a finalement ordonné sa libération sous caution.
Selon l'acte d'accusation, le jeune homme de 21 ans était entré en Israël sans autorisation une semaine avant les faits. L'accusation soutient qu'il a pénétré, avec un complice, dans l'entrepôt d'un bar à vin à Tel-Aviv, forçant une porte intérieure et dérobant deux ordinateurs portables Apple d'une valeur estimée à 4 000 shekels. Il a été arrêté peu après à proximité des lieux avec les objets volés.
Lors de son interrogatoire au poste de police de Lev Tel-Aviv, il a reconnu son entrée illégale sur le territoire, mais a nié le cambriolage, affirmant avoir trouvé le matériel dans la rue. Le parquet a demandé le maintien en détention jusqu'à la fin de la procédure, invoquant un risque de fuite, malgré l'absence de casier judiciaire du prévenu.
Lors de l'audience, la question des circonstances de l'arrestation a été au cœur des débats. Le représentant de la police a présenté un rapport décrivant une résistance de l'accusé ayant conduit à une lutte. Interrogé sur l'usage de caméras corporelles, le représentant de l'État a indiqué qu'aucune mention n'en était faite dans le rapport. À l'inverse, l'avocate Hagit Rachmani, du Bureau du défenseur public, a présenté un certificat médical attestant d'une mâchoire fracturée et de dents endommagées.
Le juge Doron, sans conclure formellement à une agression policière, a pointé l'incohérence des faits :
« Même moi, après avoir examiné les rapports opérationnels, j'ai un peu de mal à comprendre l'écart entre la description des blessures par le policier de patrouille et la blessure importante qui est évidente dans le certificat médical et qui est même évidente maintenant sur le visage du défendeur ».
Compte tenu de la faible dangerosité du prévenu et de son état de santé, le juge a ordonné sa libération sous caution avec l'approbation d'un garant. La police a finalement renoncé à faire appel. La police israélienne a déclaré que le rapport concernant l'usage de la force avait été transmis au Département des enquêtes sur les crimes commis par des policiers, conformément à la procédure habituelle.





