Les pays du Golfe exigent que les États-Unis et la Chine freinent l'Iran
L'Arabie saoudite appelle les États-Unis et la Chine à sécuriser la navigation dans le détroit d'Ormuz et le détroit de Bab-el-Mandeb. Frustrés par l'absence de progrès, les pays de la région insistent sur des mesures décisives contre la menace iranienne.
L'Arabie saoudite exige des États-Unis et de la Chine qu'ils trouvent des solutions à la question du détroit d'Ormuz et du détroit de Bab-el-Mandeb et qu'ils permettent le rétablissement du libre passage des pétroliers et des navires marchands du Golfe vers le reste du monde. L'appel à la Chine, parallèlement à l'appel aux États-Unis, découle du fait qu'elle est le principal consommateur de pétrole et de gaz du Golfe. Bien qu'elle dispose d'autres sources, comme la Russie, elles ne couvrent pas la totalité de la consommation requise pour ce pays géant.
Selon un rapport de l'agence de presse Reuters, les pays du Golfe se tournent vers Pékin en raison de la frustration croissante face à la guerre, qui les a placés sur la ligne de tir et a nui à leurs exportations d'énergie vitales. Cet appel met à l'épreuve le double statut de la Chine, qui est à la fois un acheteur majeur de pétrole des pays du Golfe et le plus grand partenaire commercial de l'Iran.
Le double statut de la Chine
Au cours de la guerre, les Chinois se sont tournés vers des sources alternatives au lieu de l'Iran, qui était un fournisseur majeur et dont les exportations se sont arrêtées presque complètement pendant la plupart des jours de la guerre. L'une de ces sources était l'Arabie saoudite, qui a réussi à transférer une partie de son pétrole vers le port de Yanbu sur la mer Rouge, et de là, via le détroit de Bab-el-Mandeb, vers l'Extrême-Orient — vers l'Inde, la Chine et d'autres consommateurs.
Dans le cadre de cet appel, la Chine est tenue d'exercer son influence sur le régime de Téhéran afin qu'il parvienne à un compromis sur la question du détroit d'Ormuz et qu'il freine ses protégés, les Houthis, dans le détroit de Bab-el-Mandeb. Selon des sources diplomatiques de la région, les Saoudiens, soutenus par le reste des pays du Golfe, ont transmis une série de messages en ce sens à Pékin, mais n'ont pas reçu de réponse satisfaisante jusqu'à présent.
Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a tenu des dizaines d'entretiens et de réunions avec ses homologues pour tenter de formuler un nouveau cessez-le-feu, et l'envoyé spécial de Pékin dans la région a également mené des pourparlers dans les capitales du Golfe et en Iran. Le ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré à Reuters que la Chine maintenait une communication étroite avec toutes les parties et travaillait à mettre fin aux combats et à promouvoir la paix.
Pékin a également mené des contacts directs avec les Houthis au Yémen, pour tenter de permettre aux pétroliers liés à la Chine de naviguer en mer Rouge sans être attaqués. Cependant, les accords conclus n'ont pas créé de pression pour arrêter toutes les attaques. Des sources dans le Golfe doutent que la Chine n'exerce pas toute son influence en raison d'une incapacité ou d'un manque de volonté, entre autres parce qu'une guerre prolongée augmente la pression sur les États-Unis.
Exiger une solution — militaire ou politique
De la part des Américains, les Saoudiens veulent une solution militaire ou politique contre l'Iran, la préférence allant à une solution militaire. Lors des réunions du ministre saoudien de la Défense, le prince Khaled ben Salmane, avec le président Donald Trump et d'autres hauts responsables américains à la Maison Blanche, ce sujet était central, et les moyens militaires de protéger les voies de navigation stratégiques ont été discutés.
Lors d'une rencontre avec le vice-président J.D. Vance, sa première avec le ministre saoudien de la Défense, le prince Khaled a déclaré que le Royaume ne tolérerait pas d'attaques contre ses infrastructures énergétiques ou ses cibles civiles.
Les Saoudiens sont dans une impasse. D'une part, ils seraient les premiers — en fait, les deuxièmes après Israël — à saluer une lutte sans compromis contre le régime de Téhéran jusqu'à sa chute. D'autre part, contrairement à nous, ils souffrent directement et quotidiennement de cette lutte et cherchent à y mettre fin le plus rapidement possible. Les Saoudiens tentent de former une coalition d'États arabes du Golfe, avec l'Égypte et la Jordanie, pour exercer une pression contre les puissances et dans tous les forums possibles contre la menace iranienne dans les détroits.
Selon les sources diplomatiques, cela implique également une coopération militaire et de renseignement qui pourrait mener plus tard à une lutte totale contre l'Iran aux côtés des États-Unis. Jusqu'à présent, les États du Golfe ont mené un petit nombre d'attaques, et ont surtout préféré rester discrets. Selon les sources, ce nombre s'élève actuellement à au moins quatre.
Déclaration de guerre totale ?
Cela signifie-t-il une déclaration de guerre totale à l'Iran de la part du bloc arabe ? Il est possible que si l'Iran persiste à bloquer les détroits, il n'y aura pas d'autre choix que de franchir cette étape. L'un des diplomates déclare : « L'approche de confinement, de dialogue et de tentatives de médiation a fait faillite, et dans toutes les capitales arabes, on comprend aujourd'hui que le régime iranien ne s'arrêtera pas à moins qu'on ne l'arrête ».
Les tensions se sont également intensifiées cette semaine à la suite d'une attaque visant des installations pétrolières dans l'est de l'Arabie saoudite. L'agence de presse Reuters a rapporté aujourd'hui (jeudi), citant deux sources au Moyen-Orient, que les Houthis ont attaqué le Royaume depuis le territoire irakien, en coopération avec des milices pro-iraniennes opérant dans le pays. Le prince Khaled a exprimé à Washington ce changement dans l'approche saoudienne, qui pousse à une solution plus rapide à la question du détroit d'Ormuz et à une solution stratégique contre l'Iran à long terme. À Washington, ils ont entendu les appels, mais il n'y a toujours pas de changement fondamental dans l'approche et les discussions se poursuivent. Pékin n'a pas non plus l'intention à ce stade d'utiliser la force militaire pour ouvrir le détroit d'Ormuz.




