Le Trésor cache un coussin de sécurité de 19 milliards de shekels, et il a une raison
Le déficit public d'Israël est tombé à 3,3 % du PIB, une surprise en pleine guerre. Le Trésor a accumulé un coussin de sécurité de 19 milliards de shekels mais craint de divulguer ces chiffres.

Les fonctionnaires du ministère des Finances éprouvent des sentiments mitigés ces jours-ci : le déficit public s'est stabilisé à 3,3 % du PIB, le niveau le plus bas depuis novembre 2023, malgré la guerre sur plusieurs fronts. Les chiffres des sept premiers mois de l'année sont révélateurs : un déficit de 11,5 milliards de shekels contre 37,2 milliards à la même période l'an dernier, soit une baisse de 69 %.
Le ministère des Finances note que l'exécution budgétaire n'est pas uniforme. L'écart entre le déficit prévu et la réalité du terrain est important, ce qui inquiète les fonctionnaires : cela attise l'appétit des politiciens et des responsables de la défense, qui réclament des fonds supplémentaires. La seconde source d'inquiétude est la hausse inattendue des recettes fiscales. Depuis le début de l'année, elles ont augmenté de 38,3 milliards de shekels, tandis que les dépenses n'ont progressé que de 12,6 milliards.
Dynamique des dépenses et des recettes
Le gouvernement continue de dépenser massivement : en juillet, il a dépensé environ 60 milliards de shekels, le montant mensuel le plus élevé depuis le début de l'année. Cependant, le déficit mensuel s'est élevé à 4,8 milliards de shekels, presque identique à celui de juillet dernier. Les recettes de l'État ont augmenté d'environ 12 %, tandis que les dépenses n'ont progressé que de 3,5 %. Les impôts directs ont grimpé de 17,7 % à 212,8 milliards, et les impôts indirects ont augmenté d'environ 10 % à 130,7 milliards de shekels.
Les dépenses de défense depuis le début de l'année se sont élevées à 108,2 milliards de shekels (une hausse de 12,6 %), tandis que les dépenses des ministères civils ont enregistré une baisse nominale de 1,3 % à 220,1 milliards. Le budget de la défense, initialement fixé à 112 milliards de shekels, a été porté à 158 milliards, avec 15 milliards supplémentaires potentiellement en attente selon l'exécution réelle.
Changement structurel ou boom ponctuel ?
Les économistes débattent pour savoir si cette hausse des revenus est permanente. Selon le département du comptable général, une partie du boom provient de l'imposition des « bénéfices bloqués ». Cette mesure, perçue à l'époque comme ponctuelle, a effectivement élargi l'assiette fiscale, les travailleurs indépendants laissant des bénéfices sous forme de dividendes étant soumis à une surtaxe.
Le Trésor refuse catégoriquement de quantifier la surprise liée aux données du déficit. Il existe pourtant un chiffre — environ 19 milliards de shekels — que l'on peut qualifier de coussin de sécurité. Parallèlement, la Banque d'Israël insiste sur la nécessité d'ajustements fiscaux, arguant que les dépenses de défense se stabiliseront entre 6 % et 7 % du PIB. Le bureau du comptable général reste sceptique quant aux appels à la hausse des impôts, estimant que sans nouvelle phase de combats majeurs, l'année se terminera avec un déficit inférieur à 4,9 % du PIB. Cette évaluation n'est pas exprimée publiquement pour éviter de susciter de nouvelles exigences budgétaires de la part des autres ministères.





