Le quatrième enfant gratuit : l'avantage des caisses de maladie arrive devant le tribunal
Le tribunal régional du travail de Tel-Aviv a approuvé une action collective contre les quatre caisses de maladie israéliennes. Les plaignantes soutiennent que l'exemption de cotisations d'assurance complémentaire (SHABAN) pour les familles nombreuses contrevient au principe d'égalité.

Le tribunal régional du travail de Tel-Aviv a approuvé la semaine dernière une action collective contre les quatre caisses de maladie — Clalit, Maccabi, Meuhedet et Leumit — au motif que l'exemption de paiement des cotisations d'assurance dans le cadre des programmes d'assurance maladie complémentaire (SHABAN), accordée à partir du quatrième enfant dans une famille, contrevient à la loi sur l'assurance maladie nationale.
La demande a été déposée en mai 2024 par quatre mères ayant trois enfants ou moins. Le cœur du litige repose sur une violation du principe d'égalité : deux membres de la même caisse, du même âge et inscrits au même programme, paient des sommes différentes uniquement en fonction du nombre de frères et sœurs nés avant eux.
Il est important de préciser que le tribunal n'a pas déterminé que l'arrangement est illégal, mais qu'il existe une probabilité raisonnable qu'il soit ainsi qualifié. Dans le même temps, il a presque exclu toute compensation pour le passé, notant que les caisses s'étaient appuyées sur l'approbation du régulateur au fil des ans. Néanmoins, la perspective d'une annulation de cette mesure pour l'avenir préoccupe vivement les caisses.
Pour l'instant, aucune ordonnance exécutoire n'a été émise et l'exemption continue d'être appliquée. Le ministère de la Santé a annoncé la création d'une équipe pour examiner la question, mais sans calendrier précis, ce qui témoigne d'une certaine réticence à traiter ce dossier sensible.
La logique économique derrière cet avantage réside dans la formule de capitation. Chaque nouveau membre inscrit auprès d'une caisse augmente le budget qu'elle reçoit de l'État, tandis que les coûts supplémentaires pour un enfant en bonne santé sont bien moindres. Ainsi, l'exemption SHABAN sert d'outil marketing pour attirer les familles nombreuses vers le panier de soins de base.
Selon les données du Bureau central des statistiques de 2020, le taux de fécondité des femmes Haredi s'élevait à 6,64, faisant d'elles les principales bénéficiaires de cette politique. Le tribunal a souligné que de telles règles, affectant des millions d'assurés, devraient être établies par la voie législative plutôt que par des documents internes des caisses de maladie, dont le statut juridique demeure incertain.





