Le prochain alibi pour le coût de la vie est là : l'« inflation thermique » arrive-t-elle en Israël ?

Les vagues de chaleur et la sécheresse en Europe suscitent des inquiétudes sur les prix alimentaires, mais le renforcement du shekel et la baisse des matières premières suggèrent une autre réalité. Avant que le climat ne serve d'excuse à une nouvelle hausse, il convient d'analyser ce qui impacte réellement le panier des ménages israéliens.

MaarivAuteur : Dr Hezi Gur Mizrahi
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Le prochain alibi pour le coût de la vie est là : l'« inflation thermique » arrive-t-elle en Israël ?
Photo : Maariv / גל חום כבד ביפן | צילום: REUTERS

L'Europe fait face à un été extrême marqué par la chaleur, la sécheresse et les incendies, ce qui alimente les craintes d'une pression accrue sur les prix alimentaires. Cependant, avant que les gros titres internationaux ne deviennent un prétexte pour augmenter les prix en Israël, il est nécessaire d'examiner ce qui influence réellement le panier israélien. Le shekel s'est renforcé et les prix de certaines matières premières ont chuté, mais nous n'avons observé que peu de baisses significatives en magasin.

Pourquoi le chemin vers une réduction des prix est-il si long, alors que le moindre problème en Europe déclenche immédiatement des discussions sur une « mise à jour tarifaire » ?

Comment la chaleur européenne impacte-t-elle le panier israélien ?

Bien que le supermarché se trouve à Petah Tikva ou Haïfa, la chaîne d'approvisionnement commence à des milliers de kilomètres. Le café, le cacao, les céréales et le sucre transitent par un marché international complexe. Chaque fluctuation boursière ne doit pas nécessairement se répercuter sur le prix final. Les fabricants achètent souvent leurs matières premières à l'avance, utilisent des contrats annuels et couvrent leurs risques de change. Le coût de la matière première n'est qu'une composante du prix final, aux côtés de l'emballage, des salaires, de la logistique et du marketing.

Le problème est que cette complexité n'est mise en avant que lorsque les prix devraient baisser.

Le paradoxe israélien de la tarification

Ces dernières années, nous nous sommes habitués aux arguments sur la hausse des coûts mondiaux et le taux de change. Pourtant, la situation a changé. Le shekel s'est considérablement renforcé face au dollar : selon Reuters, une hausse d'environ 30 % a été enregistrée à la mi-2026 par rapport à avril 2025. Pour un importateur, c'est un facteur majeur. De plus, le marché du cacao a subi de fortes baisses après ses sommets, et les analystes prévoient une baisse du prix du café grâce à l'amélioration des récoltes au Brésil.

Où sont les baisses de prix ? Il est rare d'entendre un importateur déclarer : « La monnaie s'est renforcée, nous baissons nos prix ». En revanche, le moindre incendie en Espagne ou la baisse du niveau du Rhin justifient immédiatement une « nouvelle stratégie tarifaire », presque toujours orientée à la hausse.

La météo ne doit pas devenir un alibi

Le climat change et les événements extrêmes feront partie intégrante de l'économie. Mais un incendie en Europe n'est pas une autorisation automatique d'augmenter les prix en Israël. Le consommateur n'achète pas de contrats à terme sur le café, il achète un produit fini. Lorsqu'on nous dit que le monde est devenu plus cher, il est légitime de demander ce qui se passe quand il devient moins cher.

C'est peut-être le plus grand paradoxe du coût de la vie en Israël : les mauvaises nouvelles arrivent vite en rayon, tandis que les bonnes semblent emprunter un chemin beaucoup plus long.

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