Le paradoxe Samsung : a distribué 80 milliards de dollars et s'est effondré en bourse

Le géant de la technologie a présenté le plus grand plan de distribution de bénéfices de son histoire, mais les investisseurs, qui s'attendaient à plus, ont fait chuter l'action de plus de 8 % en raison de l'absence d'un engagement majeur.

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Le paradoxe Samsung : a distribué 80 milliards de dollars et s'est effondré en bourse
Photo : ICE / סמסונג בקריסה (צילום pexels, Babak / Unsplash)

L'action du géant technologique sud-coréen Samsung Electronics a enregistré aujourd'hui, lundi, une forte baisse de plus de 8 % au début des échanges. Cela intervient alors même que l'entreprise a publié un plan historique de restitution de sommes colossales aux actionnaires, d'un montant pouvant atteindre 110 000 milliards de wons sud-coréens, soit environ 80 milliards de dollars.

Selon le plan, Samsung devrait restituer aux investisseurs au cours de l'année entre environ 65 et 72 milliards de dollars. Dans le cadre de cette démarche, l'entreprise a également annoncé une distribution de dividendes en numéraire d'un montant d'environ 22 milliards de dollars dès le troisième trimestre. Il s'agit d'un montant cinq fois supérieur au précédent record de distribution de l'entreprise, enregistré en 2020.

Selon un rapport de Reuters, ces fonds arrivent à un moment où Samsung bénéficie de la demande croissante de puces, dans le contexte du développement accéléré du domaine de l'intelligence artificielle. Cependant, sur le marché des capitaux, il s'avère qu'une somme énorme sur le papier ne suffit pas nécessairement. Les investisseurs s'attendaient à une mesure encore plus importante, certains analystes estimant que l'entreprise pourrait atteindre un rendement allant jusqu'à 145 milliards de dollars.

L'un des principaux points de déception a été l'absence d'engagement clair en faveur du rachat et de l'annulation des actions de l'entreprise. Une telle mesure réduit le nombre d'actions négociées sur le marché et peut soutenir leur valeur. Au lieu d'annoncer un programme clair, Samsung a laissé la question à une discussion future du conseil d'administration.

La déception a également été renforcée par la décision du concurrent SK Hynix. Une semaine plus tôt, l'entreprise avait annoncé un programme de rachat et d'annulation d'actions d'un montant de 29 milliards de dollars, ainsi que l'intention de consacrer plus de 50 % de son flux de trésorerie disponible aux actionnaires. Samsung, en revanche, a maintenu le taux de rendement à 50 % du flux de trésorerie.

La réglementation locale rend également difficile pour Samsung la réalisation de mouvements plus significatifs sur le marché boursier. Il existe des restrictions légales sur l'achat et l'annulation d'actions ordinaires, en partie en raison de la structure de détention du groupe. Un tel achat pourrait affecter les taux de détention des filiales financières, notamment Samsung Life Insurance, et les amener à dépasser le plafond de détention autorisé par la loi, qui est de 10 %.

L'événement illustre bien l'un des principes clés du marché des capitaux : ce n'est pas seulement le montant distribué par une entreprise qui compte, mais aussi l'écart entre les attentes et le résultat réel. Du point de vue de Samsung, il s'agit d'un programme de distribution de bénéfices sans précédent par son ampleur. Du point de vue des investisseurs, il n'a pas fourni la mesure financière qu'ils espéraient voir.

En arrière-plan, on trouve également la concurrence croissante dans l'industrie des puces pour l'IA, Samsung étant en concurrence avec des entreprises comme SK Hynix et TSMC. Les mouvements des concurrents augmentent la pression sur l'entreprise sud-coréenne pour prouver non seulement sa capacité à bénéficier de la demande de puces, mais aussi sa capacité à récompenser les investisseurs de manière compétitive.

Ainsi, un paradoxe significatif est créé : Samsung présente un programme qui pourrait restituer aux investisseurs une somme allant jusqu'à environ 80 milliards de dollars, mais l'action de l'entreprise chute. Pour le marché des capitaux, il s'avère qu'une distribution géante ne suffit pas lorsque les attentes sont encore plus élevées.

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