Le ministère des Finances envisage de réduire les cotisations de retraite pour combler le déficit budgétaire

Le ministère des Finances étudie une réduction des cotisations de retraite obligatoires afin d'augmenter le salaire net des travailleurs et de couvrir le déficit budgétaire lié à la guerre. Les experts préviennent que cette mesure pourrait compromettre la sécurité financière des futurs retraités.

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Le ministère des Finances envisage de réduire les cotisations de retraite pour combler le déficit budgétaire
Photo : Globes / מדובר בצמצום רשת הביטחון בפנסיה / אילוסטרציה: Unsplash, andre taissin

Une équipe mise en place par le ministère des Finances pour examiner les avantages fiscaux des instruments de retraite envisage de recommander une réduction du taux des cotisations de retraite. Si cette mesure augmenterait le salaire net des employés à court terme, elle devrait nuire à l'accumulation de l'épargne à long terme et mettre en péril la sécurité financière de la population âgée d'Israël, dont la part ne cesse de croître.

Cette initiative intervient peu avant 2028, date à laquelle le taux d'exonération fiscale sur les pensions doit passer à 67 % (contre 57,5 % actuellement).

Parallèlement, le ministère des Finances travaille sur la loi sur les arrangements pour le prochain budget de l'État. Le ministère identifie une fenêtre d'opportunité politique pour soumettre des réformes visant à combler le trou budgétaire creusé par la guerre. La réduction des cotisations permettrait à l'État d'économiser des milliards en avantages fiscaux et d'accroître ses recettes provenant de la consommation privée.

Évolution des obligations de cotisation

Au cours des trois dernières décennies, d'importantes réformes ont été mises en œuvre. Après la crise actuarielle de 1995, les anciens fonds de pension ont été fermés. En 2004, le secteur public est passé à la retraite par capitalisation, et en 2008, la retraite obligatoire a été introduite. Depuis 2017, le taux de cotisation s'élève à 12,5 % (6 % à la charge de l'employé et 6,5 % à la charge de l'employeur). Selon la Banque d'Israël, ces réformes ont contribué à hauteur de 0,7 % du PIB à l'augmentation de l'épargne des ménages entre 2006 et 2019.

Menace sur les avantages fiscaux

L'État accorde des exonérations d'impôt sur le revenu sur une partie des pensions mensuelles. En 2024, le ministère des Finances a estimé que le gel de la hausse prévue de ces exonérations permet au Trésor d'économiser environ 400 millions de shekels par an. Actuellement, l'État renonce à près de 31 milliards de shekels de recettes fiscales en raison des divers avantages fiscaux liés à la retraite.

Le ministère soutient qu'une augmentation du revenu net des travailleurs stimule la consommation privée et la croissance économique. Une autre approche met l'accent sur la réduction du paternalisme, permettant aux individus de choisir librement leurs investissements, que ce soit sur les marchés financiers, dans l'immobilier ou la consommation.

« Une erreur difficile à corriger »

Le Dr Alex Kaplun, expert en économie de la retraite, met en garde contre les conséquences : « Réduire les cotisations pourrait être un désastre pour les générations qui devront le corriger dans 30 ans. Nous vivons une période d'incertitude avec une espérance de vie croissante, et réduire l'épargne est une mesure irresponsable. »

Il estime qu'un retour en arrière est une erreur majeure. Selon lui, un assouplissement ne pourrait être envisagé que pour les personnes âgées de 60 ans et plus, car un shekel déposé à 30 ans génère beaucoup plus de capital grâce aux intérêts composés qu'un shekel déposé à 60 ans.

Érosion des pensions de vieillesse

Les pensions de vieillesse de l'Assurance nationale s'érodent depuis 2004, étant indexées sur le salaire moyen plutôt que sur l'indice des prix à la consommation. De plus, le ministère des Finances souhaite limiter les avantages fiscaux sur l'épargne privée, en proposant un plafond de 200 000 shekels sur l'exonération de l'impôt sur les gains en capital pour les fonds de pension d'investissement (Kupat Gemel Le-Hashkaa) après l'âge de la retraite.

Avec une espérance de vie en hausse de 16 % en 50 ans et une population âgée qui atteindra 15 % d'ici 25 ans, le contrôleur de l'État a souligné l'échec du gouvernement à se préparer stratégiquement aux soins gériatriques. Réduire les cotisations pourrait nuire particulièrement aux couches les plus vulnérables, dans un contexte d'incertitude sur la stabilité future de l'Assurance nationale.

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