Crise bancaire palestinienne : le gouverneur de la Banque d'Israël évite le pire de justesse

Face à l'inaction du gouvernement israélien, le gouverneur de la Banque d'Israël a usé de son crédit personnel pour repousser la rupture des liens bancaires avec l'Autorité palestinienne.

CalcalistAuteur : אדריאן פילוט
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Crise bancaire palestinienne : le gouverneur de la Banque d'Israël évite le pire de justesse
Photo : Calcalist / צילום: אלכס קולומויסקי

Le cordon financier soutenant l'économie palestinienne a frôlé la rupture le 1er septembre, lorsque Bank Hapoalim et Israel Discount Bank, agissant comme banques correspondantes entre Ramallah et Tel-Aviv, ont menacé de cesser leurs services. Si elles ont finalement sursis à leur décision, ce n'est pas grâce au gouvernement, mais suite à l'intervention directe du gouverneur de la Banque d'Israël, Amir Yaron.

Des décennies d'imbrication et de blocage politique

Les banques israéliennes ont été entraînées dans ce rôle au milieu des années 1990 à la suite des accords d'Oslo et du Protocole de Paris. Cherchant depuis longtemps à s'en dégager, elles avaient obtenu en 2017 un accord de l'État prévoyant des garanties juridiques et la création d'une société publique dédiée. Bien que cette structure dispose d'une PDG et d'employés depuis quatre ans, elle reste inopérante en raison du refus du gouvernement actuel de légiférer, une situation aggravée par la campagne électorale.

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich a clairement fait savoir qu'il ne toucherait pas au dossier, craignant une réaction négative de ses électeurs. De son côté, le Premier ministre Benjamin Netanyahu n'impose aucune directive. Par conséquent, un sujet jugé vital pour la sécurité d'Israël par le Cabinet de sécurité se trouve enlisé pour des calculs électoraux.

Le pari risqué du gouverneur

Face aux pressions du FMI, de la Banque mondiale et de l'ONU, le gouverneur Yaron a joué son capital politique pour offrir à Israël un répit de 122 jours. Il a obtenu des banques qu'elles maintiennent leurs services jusqu'au 1er janvier 2027, tout en s'engageant à ne plus intervenir si aucune loi n'est votée d'ici là.

« Le gouverneur a épuisé son crédit personnel pour couvrir l'inaction du pouvoir politique, un outil qui ne peut servir qu'une seule fois », soulignent les observateurs.

Scénarios post-électoraux et menaces imminentes

Bien que la Comptable générale ait prolongé les indemnités juridiques, cette mesure reste inopérante face au risque de sanctions internationales et de désengagement des banques étrangères. Après les élections, trois scénarios se dessinent : la formation d'un gouvernement de changement votant la loi ; la constitution d'un cabinet dirigé par Netanyahu, conscient des risques stratégiques d'une rupture menant à une monnaie palestinienne autonome ; ou, le scénario le plus probable, une impasse politique menant à un second scrutin.

Si la crise politique persiste, le véritable point de rupture se situera fin novembre 2026. Les banques ne patienteront pas jusqu'en 2027, ouvrant une période critique sans services bancaires correspondants.

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