Le gouvernement approuve 70 milliards de shekels d'achats militaires sans source de financement claire
La commission ministérielle des achats a approuvé des engagements de Tsahal à hauteur de 70 milliards de shekels avant les élections. La décision impose l'intégration de ces dépenses dans le « numérateur » budgétaire, obligeant le gouvernement à identifier des sources de financement.

Sur fond de menaces sécuritaires et de la nécessité d'équiper l'armée, la commission ministérielle des achats a approuvé des engagements d'achat de Tsahal d'une valeur d'environ 70 milliards de shekels juste avant les élections, a appris Globes. Cependant, le ministère des Finances a assorti cette décision d'une condition majeure : les achats devront être inclus dans le mécanisme du « numérateur », obligeant le gouvernement à présenter une source budgétaire réelle pour couvrir ces engagements massifs.
D'où viendra l'argent ?
L'année dernière, le Premier ministre Benyamin Nétanyahou a décidé de budgétiser l'équipement de l'armée à hauteur d'environ 350 milliards de shekels sur une décennie. Des dizaines de milliards doivent provenir de mesures d'efficacité interne au sein de Tsahal et de la cession d'entreprises de défense, le reste étant à la charge du budget de l'État. La commission avait déjà approuvé par le passé l'achat d'escadrilles pour un coût de 40 milliards de shekels.
Initialement, des sources au ministère des Finances avaient averti qu'une telle mesure nécessiterait « l'imposition d'impôts à une échelle qui conduirait à l'étouffement de l'économie israélienne ». Plus tard, dans le cadre d'un résumé classifié du Conseil de sécurité nationale (CSN), il a été décidé d'étaler les plans sur 13 ans pour alléger le trésor public. En 2027, 3 milliards de shekels seront alloués, avec une augmentation progressive jusqu'à un pic de 25 milliards de shekels par an au cours de la prochaine décennie.
Qui paiera le prix
Cette mesure intervient en période électorale, ce qui pourrait contraindre le prochain gouvernement avec d'énormes dépenses de sécurité. L'appareil de défense estime qu'il s'agit d'une nécessité immédiate face aux tensions avec l'Iran et aux fronts ouverts au Liban, en Syrie et à Gaza.
La capacité d'adapter le budget à ces dépenses est complexe. Le ratio dette/PIB du pays atteint près de 70 %, et les paiements d'intérêts de l'État se sont élevés à environ 40 milliards de shekels l'an dernier, soit plus que le budget du ministère des Transports. La Banque d'Israël et le Fonds monétaire international recommandent de ne pas réduire les dépenses civiles, déjà faibles par rapport aux pays de l'OCDE, et d'agir pour réduire la dette publique.
Manque d'efficacité
Ce manque d'efficacité ne concerne pas seulement le budget. En avril, Globes rapportait que les jours de réserve requis pour les combattants atteignent environ 100 jours par an. Bien que Tsahal évoque une directive de 9 semaines, le système de réserve semble dépassé. Le coût économique du recrutement des réservistes est colossal : pour 2025 seulement, les salaires et subventions ont atteint 27 milliards de shekels, sans compter l'impact sur la productivité.
Selon la Banque d'Israël, l'écart cumulé de productivité du 7 octobre à la fin de l'année dernière s'élevait à 177 milliards de shekels, principalement en raison du recrutement massif des réservistes et des absences prolongées sur le marché du travail.




