Les documents de Netanyahou révèlent des années de désaccords sécuritaires sur Gaza

Des protocoles inédits présentés par Benyamin Netanyahou au Contrôleur de l'État révèlent que l'appareil de défense s'est opposé à plusieurs reprises à des offensives majeures et à l'élimination de cadres du Hamas avant le 7 octobre.

Now14Auteur : נועם אמיר
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Les documents de Netanyahou révèlent des années de désaccords sécuritaires sur Gaza
Photo : Now14 / צילום: פלאש 90

Dans le troisième volet de la série d'articles consacrée à la « version de Netanyahou », des protocoles, documents et témoignages inédits présentés par le Premier ministre Benyamin Netanyahou au Contrôleur de l'État révèlent les débats à huis clos menés au fil des ans sur la politique israélienne face à la bande de Gaza. Ces archives éclairent les discussions stratégiques sur l'éventualité de renverser le Hamas, de conquérir l'enclave et d'éliminer les dirigeants terroristes avant le massacre du 7 octobre.

Devant le Contrôleur de l'État, Benyamin Netanyahou a cherché à répondre à l'une des critiques principales formulées à son encontre, selon laquelle sa politique à l'égard du Hamas reposait sur l'endiguement et le maintien du calme. Questionné sur sa stratégie, Netanyahou a affirmé que les termes d'« endiguement » et de « calme » n'avaient jamais figuré dans les directives du Premier ministre. Il a soutenu que l'alternative d'une conquête de la bande de Gaza avait été examinée à plusieurs reprises mais écartée de manière catégorique par l'appareil de défense, qui craignait une campagne militaire longue et lourde en pertes humaines.

Le débat de l'opération Bordure protectrice

L'un des documents présentés ramène aux discussions du cabinet lors de l'opération Bordure protectrice en 2014. Selon le compte-rendu, l'option d'une occupation de la bande de Gaza a été évoquée avant de se heurte à une large opposition des responsables de la sécurité et des ministres. Alors que Netanyahou interrogeait le cabinet sur la démilitarisation forcée de Gaza, le chef d'état-major adjoint de l'époque, Gadi Eisenkot, et le chef d'état-major Benny Gantz ont qualifié une telle conquête d'erreur stratégique majeure.

Le ministre de la Défense Moshé Yaalon et le chef du Shin Bet d'alors, Yoram Cohen, ont également jugé l'opération superflue à ce stade. Face aux réticences générales de l'aréna politique et militaire, l'option d'une invasion terrestre a été abandonnée sans même être soumise au vote.

Les discussions de 2016 sur l'élimination de Sinwar

Le débat ne s'est pas limité à la question territoriale. En septembre 2016, lors d'une réunion de sécurité, le ministre de la Défense Avigdor Lieberman et le chef du Shin Bet Nadav Argaman ont débattu des moyens d'affaiblir le Hamas. Tandis qu'Argaman focalisait son attention sur la menace des tunnels souterrains — une évaluation qui s'avérera erronée le 7 octobre —, Netanyahou a interrogé l'assemblée sur l'impact d'une élimination de Yahya Sinwar et Mohammed Deif. Bien que les responsables sécuritaires aient estimé qu'une telle frappe ne provoquerait pas l'effondrement immédiat du Hamas, Netanyahou a insisté sur la nécessité de frapper la tête de l'organisation.

Les désaccords avant la guerre

Les divergences entre le niveau politique et la hiérarchie militaire ont persisté sous les mandats successifs. En mai 2021, après l'opération Gardiens des murs, le chef d'état-major Aviv Kochavi s'est fermement opposé à l'élimination de Sinwar, provoquant un désaccord persistant avec le Premier ministre. À peine deux mois avant le 7 octobre, le 31 juillet 2023, Netanyahou aurait ordonné au chef du Shin Bet Ronen Bar de préparer l'élimination d'un haut responsable du Hamas pour adresser un avertissement ferme. Selon son témoignage, les chefs de la défense s'y sont opposés.

Ces protocoles offrent un éclairage nouveau sur les rapports de force et les décisions qui ont façonné la politique d'Israël face à Gaza pendant plus d'une décennie.

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