Le dollar n'est qu'un figurant : ce qui provoque réellement l'appréciation du shekel
Depuis le début du mois, le shekel s'est apprécié de 3 % face au dollar, repassant sous la barre des 3 shekels. Les experts estiment que ce phénomène est moins lié à la faiblesse du billet vert qu'aux forces fondamentales de l'économie israélienne.

Depuis le début du mois, le shekel s'est apprécié de 3 % face au dollar, s'échangeant à nouveau sous la barre des 3 shekels. Ce changement de préfixe a ramené la question du taux de change dans le débat public, après une année où la monnaie israélienne s'est imposée comme la plus forte au monde, avec une appréciation cumulée de plus de 20 %.
L'histoire commence par la monnaie américaine elle-même. L'indice DXY, qui compare le dollar aux monnaies des principaux partenaires commerciaux des États-Unis, a perdu environ 1 % au cours du dernier mois, tout en restant en hausse de 1,4 % depuis le début de l'année. Néanmoins, la dynamique israélienne est prépondérante. L'indice du taux de change nominal effectif — le DXY « israélien » — est passé de 63,3 à 61 points, reflétant une appréciation d'environ 3,6 % en trois semaines.
L'impact des données de comptabilité nationale
Selon le rapport, l'économie a progressé au deuxième trimestre de 15,4 % en rythme annuel, dépassant largement le consensus de 8 %. Toutefois, une analyse approfondie montre qu'en neutralisant les exportations nettes — la part du PIB ayant transité par Israël sans y être produite — les chiffres sont nettement plus modérés.
Un rapport de J.P. Morgan confirme qu'il ne s'agit pas d'un phénomène nouveau. La production réalisée par des entreprises israéliennes hors des frontières nationales explique environ la moitié de l'expansion du PIB ces trois dernières années : 8,4 % de croissance réelle depuis le deuxième trimestre 2023, contre environ 4 % hors cette composante. JPM cite Nvidia-Mellanox comme exemple emblématique.
Les canaux d'influence sur le taux de change
Le flux de devises agit via trois canaux principaux :
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Le compte courant : les recettes sont enregistrées comme exportations, gonflant l'excédent.
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Le compte de capital : les investisseurs étrangers réinjectent des fonds sous forme d'investissements directs étrangers (IDE).
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Le canal fiscal : le paiement des impôts devant être effectué en shekels, cela génère une demande constante pour la monnaie locale.
Kobi Levi, chef du bureau de stratégie des marchés à la Banque Leumi, explique : « Les pressions à l'appréciation du shekel découlent de forces fondamentales caractérisant l'économie israélienne. On note l'excédent du compte courant grâce à la haute technologie et à l'industrie de la défense, ainsi qu'une activité record sur le compte de capital en 2026. »
Le rôle des investisseurs institutionnels
L'activité des organismes institutionnels continue également de pousser le shekel vers le haut. Selon la Banque d'Israël, ils ont vendu 40,5 milliards de dollars sur les 12 mois allant du début du troisième trimestre 2025 à la fin du deuxième trimestre 2026. Rien qu'au deuxième trimestre 2026, 13,8 milliards de dollars ont été vendus. À mesure que les portefeuilles à l'étranger augmentent, les règles de couverture imposent la vente de devises étrangères, quel que soit le taux.
« Les actions de la Banque d'Israël ont temporairement atténué les pressions, sans inverser la tendance », souligne Levi. En somme, la baisse du dollar résulte moins d'une faiblesse américaine que d'une « machine à devises » israélienne qui continue de produire et de vendre des dollars. Tant que cette machine fonctionne, la tendance de fond demeure intacte.





