Le 7 octobre a prouvé : le débat entre Israël et les Palestiniens ne porte pas sur les frontières — David Ben-Basat

Le 7 octobre a prouvé que le conflit entre Israël et les Palestiniens ne relève pas de différends territoriaux, mais du refus islamiste d'accepter l'existence même de l'État juif.

MaarivAuteur : David Ben-Basat
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Le 7 octobre a prouvé : le débat entre Israël et les Palestiniens ne porte pas sur les frontières — David Ben-Basat
Photo : Maariv / הרס לאחר הטבח בבארי | צילום: חן שימל

Pendant des décennies, une explication simpliste du conflit israélo-palestinien, centrée sur un différend territorial, s'est enracinée dans une grande partie de la gauche et du centre israéliens. On pensait qu'en cédant des territoires, les Palestiniens établiraient un État et que le conflit s'éteindrait progressivement. Les accords d'Oslo, les négociations et les plans de paix reposaient sur cette perception. Cependant, les événements récents, et surtout le massacre du 7 octobre, ont ébranlé les fondements mêmes de cette vision.

La question qui se pose aujourd'hui est bien plus complexe : et si le conflit ne portait pas sur le tracé des frontières, mais sur la légitimité même de l'existence d'un État juif dans la région ?

Cela ne signifie pas que chaque Palestinien cherche à détruire Israël, et il ne faut pas transformer un conflit national complexe en une généralisation sur tout un peuple. Mais il est impossible d'ignorer le poids croissant des perceptions religieuses islamistes sur la scène palestinienne. Le Hamas ne cache pas sa vision du monde : pour lui, la lutte ne s'arrête pas aux lignes de 1967, et la terre n'est pas un simple objet de négociation politique, mais une composante d'une doctrine religieuse et historique plus large.

L'Occident a eu du mal à comprendre cela, tentant d'interpréter le conflit via des concepts familiers : frontières, colonies, souveraineté et autodétermination. Bien que ces éléments soient importants, ils n'expliquent pas l'intensité de la haine, le culte des « martyrs » ou le fait qu'après le retrait d'Israël de Gaza en 2005, le territoire soit devenu une base militaire pour le Hamas plutôt qu'un État prospère.

Le 7 octobre a été un moment décisif. Les Israéliens qui croyaient que l'amélioration économique et les facilités civiles réduiraient la motivation à la confrontation ont découvert le danger de supposer que l'autre partie agit selon la même logique. Le massacre n'était pas dirigé contre des colonies en Judée-Samarie ; Be'eri, Kfar Aza et Nir Oz sont situés à l'intérieur de l'Israël souverain. Pour les terroristes, ces lieux étaient aussi « occupés ».

Cette prise de conscience touche désormais une partie de la gauche et du centre. Le débat sur le partage du pays a peut-être occulté pendant des années une question plus profonde : le mouvement national palestinien est-il capable d'accepter véritablement, et non seulement tactiquement, l'existence de l'État-nation juif ?


Le Qatar entre en scène. À la campagne militaire s'ajoute une autre campagne, non moins sophistiquée : la guerre pour la conscience mondiale. Doha a réussi à maintenir un statut exceptionnel : allié des États-Unis et hôte d'une base américaine, tout en accueillant la direction du Hamas et en finançant Gaza. De plus, le Qatar détient Al Jazeera, l'un des outils d'influence médiatique les plus puissants du monde arabe.

Al Jazeera n'est pas seulement une chaîne, mais un réseau international capable de définir l'agenda. Dans un monde où une vidéo de 30 secondes sur les réseaux sociaux influence davantage qu'un article de mille mots, le premier titre et la première image ont une importance colossale.

Cette campagne est menée professionnellement. Les images de destruction à Gaza sont montrées en boucle, souvent déconnectées du contexte des combats contre une organisation armée opérant dans un environnement civil dense. Le message est simple et émotionnel : Israël est la partie forte, donc l'agresseur ; les Palestiniens sont la partie faible, donc les victimes. Dans ce cadre, il n'y a guère de place pour des questions complexes sur l'origine de la guerre, la cruauté du Hamas ou la responsabilité d'un régime ayant investi des ressources massives dans son renforcement militaire.

C'est l'une des grandes réussites de la campagne islamiste : transformer un conflit complexe en une simple histoire morale. Israël, en revanche, continue souvent sa diplomatie publique comme s'il s'agissait d'une conférence de presse des années 90. Au moment où il publie une preuve, le récit est déjà diffusé auprès de millions de personnes.

La lutte n'est pas contre l'islam ou chaque Palestinien, mais contre une perception qui nie le droit d'Israël à exister et sanctifie la violence. Cette distinction est essentielle si Israël veut convaincre le monde.

La prise de conscience doit mener à l'abandon des illusions. Un règlement politique n'est possible que si les deux parties veulent vivre côte à côte, et non si l'une voit dans l'accord une étape vers un autre objectif. Avant de demander où passera la frontière, il faut poser une question fondamentale : existe-t-il chez les Palestiniens une volonté authentique d'accepter l'État d'Israël comme un fait légitime ? Le massacre du 7 octobre apporte, hélas, une réponse négative, et le débat porte donc sur l'existence même de l'État d'Israël.

L'auteur est PDG de Radius 100FM, consul honoraire, président de l'Association israélienne de communication radio, ancien présentateur de Galei Tsahal et reporter de la chaîne NBC.

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