L'Autorité des titres financiers menace de suspendre les échanges des Chemins de fer israéliens
En raison d'un manque d'administrateurs externes, les Chemins de fer israéliens ne peuvent pas approuver leurs états financiers. L'Autorité des titres financiers avertit que cette situation paralyse le contrôle interne et menace la cotation des obligations de l'entreprise.

L'Autorité des titres financiers a adressé lundi une lettre cinglante au conseil d'administration des Chemins de fer israéliens concernant la pénurie d'administrateurs externes, qui bloque l'approbation des états financiers et met en péril le commerce des obligations de l'entreprise. Cette mesure intervient en pleine crise de gestion, marquée par le départ du président, l'absence de directeur général permanent depuis près d'un an et une série de défaillances opérationnelles hebdomadaires.
Les avocats Roni Segev Biton et Noam Rotem, du département des sociétés de l'Autorité, ont envoyé un avertissement sévère au président par intérim, Avner Flor, et au directeur général par intérim, Avshalom Almaliach. Dans sa lettre, l'Autorité précise que les Chemins de fer ne respectent pas les exigences de gouvernance imposées aux sociétés ayant des obligations négociées d'environ 70 millions de NIS. Cette situation empêche l'entreprise d'approuver légalement ses états financiers du deuxième trimestre, dont la publication est prévue avant fin août.
Selon l'Autorité, le mandat de l'administratrice externe Ruth Dahan-Portnoy a pris fin en juin, et Sarah Frisch a démissionné mi-juillet. Le conseil d'administration ne compte plus que sept membres, dont « aucun n'est défini comme administrateur indépendant ou ne possède d'expertise comptable et financière ». Cet état de fait paralyse les procédures de contrôle, car « il est impossible de convoquer le comité d'audit, le comité de rémunération ou le comité d'examen des états financiers ».
L'Autorité souligne que ces violations pourraient avoir des conséquences graves, avertissant que cela « pourrait soulever des questions sur la poursuite de la négociation des titres de la société en bourse, ainsi que sur l'existence de motifs pour exiger le remboursement immédiat des obligations ».
Cet appel fait suite à une pétition sans précédent déposée par les Chemins de fer devant la Cour suprême contre la ministre des Transports, Miri Regev, et le ministre de la Coopération régionale, Dudi Amsalem, exigeant la nomination immédiate d'administrateurs. Cette situation reflète le paroxysme d'une crise de gestion après le départ, début juillet, du président du conseil, Moshe Shimoni, pour la société Mekorot. Ce vide décisionnel fait suite à une série de départs de hauts responsables, certains protestant contre des nominations jugées non professionnelles.
Cette paralysie de gestion se double de défaillances opérationnelles affectant les passagers : accidents de trains de marchandises endommageant l'électrification, arrêts prolongés d'escaliers mécaniques à Tel-Aviv HaShalom et perturbations sur les lignes fréquentées. L'Autorité avertit que sans intervention ministérielle immédiate pour compléter le conseil, cette dégradation de la gouvernance se traduira par un préjudice financier direct pour les investisseurs.





