L'Autorité des sociétés gouvernementales interdit Zoom lors des conseils d'administration

L'Autorité des sociétés gouvernementales a décidé d'interdire la participation via Zoom aux réunions en présentiel. Les administrateurs dénoncent une mesure radicale inadaptée à l'ère hybride, tandis que le chef de l'Autorité, Roi Kahlon, justifie cette décision par la nécessité d'améliorer le professionnalisme des débats.

GlobesAuteur : Nitzan Shafir
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L'Autorité des sociétés gouvernementales interdit Zoom lors des conseils d'administration
Photo : Globes / רועי כחלון, ראש רשות החברות הממשלתיות והדר צופיוף הכהן, מנכ''לית איגוד הדירקטורים / צילום: איל יצהר, יח''צ

Le chef de l'Autorité des sociétés gouvernementales, Roi Kahlon, a publié une circulaire il y a quelques mois stipulant que les réunions des conseils d'administration des sociétés gouvernementales doivent désormais se tenir en présentiel. Le format hybride, mélangeant présence physique et connexion via Zoom, est désormais proscrit. Tout administrateur se connectant à distance à une réunion prévue en présentiel ne sera pas rémunéré.

Cette directive a provoqué une vive opposition de la part de l'Association des administrateurs, qui a vu son recours rejeté par M. Kahlon. L'association envisage désormais de saisir la Cour suprême. Selon les nouvelles règles, la participation à distance n'est autorisée que dans des « circonstances pertinentes », telles que des situations d'urgence ou un état de guerre. Le président du conseil d'administration doit justifier par écrit, dans le procès-verbal, les raisons du recours à un format distant.

« Ils sont allés trop loin »

L'Association des administrateurs conteste la légitimité de cette décision, craignant des incertitudes juridiques concernant le quorum et la responsabilité des membres. Pour de nombreux administrateurs, cette mesure est en décalage avec les pratiques actuelles.

« Nous sommes à l'ère de la numérisation. C'est une décision trop radicale qui ne correspond pas à notre époque », a déclaré un administrateur à Globes. Un autre membre, issu du secteur de la défense, a souligné que la plupart des grandes entreprises mondiales ont adopté le travail hybride et qu'une politique plus nuancée, comme celle en vigueur dans le secteur bancaire, aurait été préférable.

Arguments pour et contre

Arguments en faveur de la directive :

  • Amélioration de la qualité et du professionnalisme des échanges.

  • Lutte contre les abus, certains administrateurs participant aux réunions tout en étant en vacances ou occupés par d'autres tâches.

  • Renforcement du rôle de contrôle et de définition de la politique de l'entreprise.

Arguments contre la directive :

  • Difficultés pour les administrateurs voyageant à l'étranger ou résidant loin des sièges sociaux.

  • Inadéquation avec le modèle de travail hybride devenu la norme.

  • Coûts de déplacement et temps de trajet disproportionnés par rapport aux indemnités perçues.

Environ 300 administrateurs siègent dans 68 sociétés gouvernementales, gérant des actifs estimés à 300 milliards de shekels. Si le recours à Zoom était exceptionnel avant 2020, la pandémie et les événements survenus après le 7 octobre ont banalisé cette pratique. Actuellement, la rémunération pour une participation à distance est fixée à 60 % du tarif normal (entre 870 et 1 715 shekels selon la classification de l'entreprise).

Position de l'Autorité et soutien d'experts

Roi Kahlon reste ferme sur l'importance de la présence physique. « Le format hybride est le pire de tous. Si une réunion doit se tenir à distance, que tout le monde se connecte de la même manière », a-t-il déclaré. « Je n'ai pas limité le pouvoir discrétionnaire des conseils, mais le président doit justifier le choix du format distant. »

Cette position est soutenue par le Centre Ohayon pour l'excellence au sein du conseil d'administration, qui s'appuie sur des études démontrant l'inefficacité des réunions hybrides. Selon ces experts, la présence physique est indispensable pour exercer une réelle influence et assurer un leadership efficace au sein des conseils.

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