« L'arnaque russe » : un gang a escroqué des personnes âgées et volé pour un million de shekels de biens
L'un des membres du gang, Oleg Pogosian, a reconstitué devant la police son mode opératoire pour escroquer des retraités russophones. Selon l'acte d'accusation, les malfaiteurs se faisaient passer pour des agents de l'Institut national d'assurance en utilisant des données issues du darknet. Le commandant de police Sergei Dalgats a dénoncé le cynisme de ces actes.

Oleg Pogosian est accusé d'avoir volé plus d'un million de shekels à des personnes âgées. Le gang dont il faisait partie se faisait passer pour des représentants de l'Institut national d'assurance et de l'administration fiscale. L'accusé a été filmé alors qu'il s'emparait de dizaines de milliers de shekels au domicile d'une femme âgée. Le groupe utilisait des données achetées sur le darknet. Pogosian a avoué une partie des faits, invoquant des dettes envers le « marché gris ». Le parquet a demandé le maintien en détention jusqu'à la fin du procès.
Lors d'une reconstitution avec les enquêteurs de la police d'Ariel, Pogosian a montré comment il escroquait des personnes âgées d'origine russe, leur dérobant bijoux, montres, diamants et argent liquide. Selon l'acte d'accusation, il agissait au sein d'un réseau d'escroquerie internationale ayant causé plus d'un million de shekels de préjudice.
« Je suis entré dans le bâtiment, j'ai frappé à la porte. Une femme d'environ 70 ou 75 ans m'a ouvert, et j'ai récupéré une boîte », a raconté Pogosian lors de la reconstitution.
Des caméras de surveillance ont documenté le mode opératoire du gang, surnommé « L'arnaque russe ». Sur les images, on voit Pogosian se présenter au domicile d'une victime en tant que coursier de l'Institut national d'assurance. La victime, ayant reçu au préalable un appel d'un « représentant » russophone lui citant ses données personnelles, lui a remis 82 000 shekels en espèces. Durant l'appel, les escrocs mettaient en ligne une complice dont la voix imitait celle de la fille de la victime pour l'inciter à coopérer.
La méthode : exploitation des données du darknet
Selon les enquêteurs, le quartier général du gang se situe en Europe de l'Est. Les membres achetaient sur le darknet des données personnelles de retraités russophones — numéros d'identité, téléphones et adresses — obtenues par des pirates informatiques ayant infiltré des institutions gouvernementales.
Pour convaincre les victimes de remettre leurs biens, les malfaiteurs prétendaient qu'en raison de la guerre contre l'Iran et des tirs de missiles sur Arad, Beit Shemesh et Bnei Brak, elles devaient « assurer » leurs objets de valeur. Pogosian et ses complices revendaient ensuite les bijoux volés à un commerçant de Ramat-Gan, empochant plus d'un demi-million de shekels.
« Le comble du cynisme »
Le commandant de police Sergei Dalgats, chef du bureau d'enquête du district de Samarie, a souligné la cruauté de ces actes :
« Son approche est particulièrement cynique. C'est lui qui se rend chez ces personnes, qui communique avec elles et les regarde dans les yeux. Ces seniors conservent des bijoux depuis des générations, des médailles de la Seconde Guerre mondiale qui ont une valeur sentimentale inestimable. Et lui, il emmène tout cela dans une bijouterie pour le faire fondre. C'est le comble du cynisme. »





