Un infarctus lié à la maladie du patron reconnu comme accident du travail
Le tribunal du travail de Nazareth a reconnu l'infarctus d'un ouvrier de 59 ans comme accident du travail, survenu après l'annonce de la maladie en phase terminale de son employeur.

Le tribunal régional du travail de Nof HaGalil-Nazareth a admis la plainte d'un ouvrier de 59 ans d'une usine du kibboutz Beit HaShita contre l'Institut d'assurance nationale, statuant que l'infarctus du myocarde dont il a souffert le 4 mars 2024 constitue un accident du travail.
Le plaignant travaille dans cette usine depuis 1994. Durant le mois précédant l'accident, suite à la maladie du propriétaire de l'usine, il a dû effectuer de nombreuses heures supplémentaires et assumer des tâches dépassant largement ses fonctions habituelles.
Déroulement de la journée critique
Le jour de l'incident, l'employé est arrivé à l'usine et a constaté l'absence de quatre ouvriers, l'obligeant à accomplir leur travail. Vers 10h00, il a reçu un appel téléphonique l'informant que le propriétaire de l'usine souffrait d'une maladie en phase terminale. Selon les faits établis par le tribunal, l'homme a éclaté en sanglots, a hurlé, s'est senti mal et a quitté l'usine pour rentrer chez lui. Environ trois heures plus d'tard, vers 13h00, il a subi un infarctus du myocarde et a été transporté d'urgence au centre médical HaEmek à Afula.
L'expertise médicale décisive
Le tribunal a nommé un cardiologue expert, le professeur Walter Markiewicz, qui a conclu qu'avec une probabilité supérieure à 50 %, il existait un lien de causalité entre cet événement stressant au travail et l'infarctus. L'expert a relevé que le plaignant présentait d'importants facteurs de risque préexistants :
-
Tabagisme actif depuis environ 40 ans (près de deux paquets par jour) ;
-
Antécédents familiaux de maladies cardiaques ;
-
Troubles lipidiques et arthrite inflammatoire.
L'Assurance nationale a contesté ce rapport, affirmant qu'il ne tenait pas suffisamment compte des facteurs de risque personnels du patient. Le tribunal a rejeté ces arguments, soulignant que la proximité temporelle entre le choc émotionnel et l'infarctus prévalait sur les pathologies chroniques.
Impact psychologique et verdict
L'état psychologique du travailleur a également été évalué. Un expert psychiatre a déterminé que le plaignant souffrait d'un trouble de l'adaptation avec réaction dépressive et anxieuse, développé à la suite de l'accident cardiaque. L'expert a estimé que l'infarctus avait un impact direct de plus de 20 % sur cette dégradation mentale.
Le tribunal a validé l'ensemble des rapports d'experts et a condamné l'Institut d'assurance nationale à verser au plaignant la somme de 7 500 shekels au titre des frais de justice sous 30 jours.

.jpeg)



