La société disposant d’une usine à Sdérot a publié ses résultats : pourquoi le titre baisse-t-il ?

La société basée à Sdérot a enregistré des revenus records de 33,8 millions de dollars et une croissance organique de 50 %, mais la ligne du résultat net s’est inversée en une perte de 1,1 million de dollars. Qu’est-ce qui se cache vraiment derrière ce chiffre rouge ?

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La société disposant d’une usine à Sdérot a publié ses résultats : pourquoi le titre baisse-t-il ?
Photo : ICE / אייל שוחט (צילום תמיר לוי, אהרון גדליה, shutterstock)

Top Gam, qui produit des compléments alimentaires sous forme de bonbons gélifiés et dont l’usine se trouve à Sdérot, a publié aujourd’hui les résultats du deuxième trimestre 2026. Sur le papier, il s’agit d’un excellent trimestre : des revenus records d’environ 33,8 millions de dollars, le dixième trimestre consécutif avec un record de revenus, et une croissance organique d’environ 50 % sans contribution des acquisitions.

Et pourtant, la ligne qui a retenu l’attention des investisseurs est précisément celle en rouge : la société est passée d’un bénéfice net d’environ 3 millions de dollars l’an dernier à une perte de 1,1 million de dollars.

Le segment des compléments alimentaires, le cœur de l’activité, a bondi au cours du trimestre d’environ 64 % de croissance organique pour atteindre un niveau record de 29,3 millions de dollars, et il représente déjà environ 87 % des revenus du groupe. Sur l’ensemble du premier semestre, les revenus ont atteint environ 65,7 millions de dollars, soit une hausse d’environ 65 % par rapport à la période correspondante. Le carnet de commandes dans ce domaine s’élève à un niveau record de 57 millions de dollars, contre 41 millions de dollars un an auparavant. Ce sont les chiffres d’une entreprise en croissance, et non ceux d’une entreprise en difficulté.

Et c’est ici qu’il faut souligner le point important : la perte nette ne provient pas de l’activité elle-même. Le bénéfice opérationnel du trimestre était positif et s’est établi à environ 1 million de dollars. Le passage à une perte a été principalement causé par un écart des charges financières nettes entre les périodes : une ligne comptable qui dépend des taux de change et des intérêts, et non de la capacité de la société à vendre. En d’autres termes, il s’agit dans une large mesure d’une « perte sur le papier », et non d’un signe de dégradation des ventes ou de la rentabilité opérationnelle.

De plus, l’EBITDA ajusté, bien qu’il ait augmenté d’environ 26 % pour atteindre 4,4 millions de dollars, a vu sa marge diminuer à 13 % des revenus contre 15,5 % l’an dernier. La raison principale : le trimestre a inclus pour la première fois l’activité acquise aux États-Unis auprès de P&L Developments, qui a contribué, comme prévu, à une contribution négative d’environ 0,6 million de dollars au stade de l’intégration. En excluant l’acquisition, l’EBITDA a au contraire bondi de 44 % pour atteindre 5,1 millions de dollars, et sa marge est revenue à 15 %.

Par ailleurs, la société a subi une série de vents contraires externes : un affaiblissement du dollar d’environ 18 % face au shekel, qui « grignote » une société ayant des revenus en dollars ; des quotas américains sur les exportations depuis Israël ; des coûts de transport ponctuels dus à l’arrêt des ports dans le cadre de l’opération « Shaagat Arye » ; et des coûts liés au passage à la nouvelle usine à Sdérot. Selon la société, en neutralisant l’ensemble de ces éléments, la marge d’EBITDA aurait atteint environ 17,5 %.

La perte semble mauvaise à première vue, mais sa source réside dans le financement et des coûts temporaires, tandis que le moteur opérationnel s’accélère. La société répète son estimation selon laquelle le deuxième semestre reflétera un rythme annuel de ventes supérieur à 145 millions de dollars, et elle prévoit le lancement d’un produit dans le réseau Costco.

L’objectif à long terme reste ambitieux : plus de 250 millions de dollars de compléments alimentaires avec un EBITDA de plus de 20 %. Le risque réel n’est pas la perte trimestrielle, mais la question de savoir si la société parviendra à traduire la croissance impressionnante en une rentabilité stable, même après que le bruit temporaire se sera dissipé.

D’après Eyal Shochat, directeur général de Top Gam :

« Les résultats du trimestre record, incluant une croissance organique d’environ 50 % sur l’ensemble de l’activité de la société et de 64 % dans le segment des compléments alimentaires, reflètent la mise en œuvre réussie de notre stratégie de croissance et notre capacité à l’exécuter de manière constante. L’accent mis sur les marques en croissance, aux côtés de l’innovation, de la qualité et du développement de produits uniques, continue de renforcer la confiance de nos clients et d’élargir notre base d’activité.

Nous constatons une demande forte de la part des clients existants et nouveaux, et nous travaillons à l’expansion de nos capacités de production en Israël et en Amérique du Nord afin de répondre au pic de demande attendu au deuxième semestre de cette année. Même dans un environnement mondial complexe, nous continuons à agir avec une vision à long terme et une confiance claire dans la direction stratégique que nous avons choisie. Nous sommes convaincus que les infrastructures, les capacités et la présence mondiale que nous construisons permettront à Top Gam de continuer à croître et d’asseoir sa position comme une entreprise leader dans son domaine ».

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