« La révolte des juristes », épisode 3 : comment l'image d'Avichai Mandelblit a changé

Dans un État démocratique normal, les règles sont claires : le public élit le législateur, le législateur établit la loi et le juge l'interprète. Cependant, la série « La révolte des juristes » cherche à prouver que, ces dernières décennies, cet ordre a été inversé. Au cœur de cette révolution silencieuse se trouve un groupe restreint de juristes qui se sont arrogé des pouvoirs étendus, parfois sans habilitation légale explicite et sans contrôle public.

Now14Auteur : Tzipora Siman-Tov
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« La révolte des juristes », épisode 3 : comment l'image d'Avichai Mandelblit a changé
Photo : Now14 / צילום: פלאש 90

Dans un État démocratique normal, les règles sont claires : le public élit le législateur, le législateur établit la loi et le juge l'interprète. Cependant, la série « La révolte des juristes » cherche à prouver que, ces dernières décennies, cet ordre a été inversé. Au cœur de cette révolution silencieuse se trouve un groupe restreint de juristes qui se sont arrogé des pouvoirs étendus, parfois sans habilitation légale explicite et sans contrôle public.

Le troisième épisode de la série se concentre sur l'homme qui aurait dû, peut-être plus que quiconque, comprendre la nécessité de limiter le pouvoir : Avichai Mandelblit.

Le candidat idéal devenu « traqué »

L'histoire de Mandelblit commence avec de grandes attentes. Comme le souligne l'avocat Ilan Bombach dans l'épisode : « Le fait qu'il arrive au poste de conseiller juridique du gouvernement alors qu'il a lui-même vu l'autre côté en tant que suspect… aurait pu faire de lui l'homme idéal pour ce poste ». Mandelblit, qui connaissait le système en tant qu'avocat général militaire mais aussi en tant que personne interrogée sous mise en garde dans l'affaire Harpaz, savait très bien ce que ressent une personne lorsque le système la prend pour cible.

Mais la série soutient que c'est précisément ce point faible qui a été utilisé contre lui. Les enregistrements révélés dans l'épisode dressent un tableau inquiétant d'un conseiller juridique qui sentait que Shai Nitzan, alors procureur de l'État, le « tenait à la gorge » et retardait les décisions concernant son dossier personnel, ce qui a créé, selon les critiques, une dépendance problématique entre les deux.

« Un homme que l'on mène est un homme faible »

L'une des révélations bouleversantes de l'épisode concerne la conduite des enquêtes contre Benjamin Nétanyahou. L'enquêteur Zvi Chavkin témoigne dans l'épisode que les enquêtes ont été menées sans autorisations écrites, comme l'exige la Loi fondamentale. David Peter, du Forum Kohelet, décrit Mandelblit comme l'un des conseillers juridiques les plus faibles de l'histoire du pays : « Aujourd'hui, au tribunal, il s'avère que le conseiller juridique a donné une instruction explicite – ne pas enquêter sur certaines questions – et ils enquêtent, apportent des conclusions et le mènent ».

Le tableau qui se dessine est celui d'un système policier et judiciaire qui s'est « déchaîné », tandis que celui qui était censé lui fixer des limites – le conseiller juridique – servait en fait de « tampon ».

Les victimes en chemin : le cas de Shira Spitz

La série ne se contente pas d'une analyse politique et juridique, mais présente le coût humain du système « prédateur ». L'histoire de l'avocate Shira Spitz est présentée comme une parabole douloureuse : Spitz, qui a murmuré les mots « honte au système judiciaire » à Mandelblit sur le chemin de la synagogue, s'est retrouvée arrêtée le jour du Shabbat devant ses enfants. Selon la série, ce cas illustre comment l'inaction de Mandelblit face aux injustices du système a conduit à une réalité où les droits de l'homme sont bafoués au nom de la protection de l'honneur des hauts responsables du système.

La question démocratique : qui décide vraiment ?

En fin de compte, « La révolte des juristes » place un grand point d'interrogation sur la démocratie israélienne. Lorsque Mandelblit a annoncé « le cœur lourd et la conscience tranquille » le dépôt de l'acte d'accusation contre le Premier ministre, a-t-il agi par jugement indépendant, ou était-ce l'aboutissement d'un système où le dernier mot appartient toujours à des personnes que personne n'a élues ?

Dubi Shratzer résume cela dans l'épisode avec des mots poignants : « C'est un homme qui a introduit des considérations étrangères dans le saint des saints… et a causé une perte de confiance dans le système ». Le troisième épisode de « La révolte des juristes » n'est pas seulement un acte d'accusation contre une personne, mais contre une culture organisationnelle qui voit dans la critique une menace, et dans le pouvoir un outil de travail exclusif.

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