La réforme du « compte d'investissement » : comment fonctionnera le nouveau modèle exonéré d'impôt sur les plus-values ?
Le ministère des Finances prévoit de permettre aux Israéliens de gérer un portefeuille d'investissement allant jusqu'à 200 000 shekels par an sans payer d'impôt à chaque transition entre actifs. Les principaux bénéficiaires seront les épargnants à long terme, mais les détenteurs de fonds de prévoyance importants pourraient être pénalisés par la limite de dépôt. Que faut-il savoir avant l'entrée en vigueur de la réforme en 2027 ?

Le ministère des Finances et le chef économiste ont récemment annoncé leur intention de promouvoir une nouvelle réforme sur le marché des capitaux sous le titre « compte d'investissement ». L'objectif de cette mesure, basée sur un modèle américain ancien, est de résoudre le problème de l'érosion fiscale de l'épargne accumulée des citoyens israéliens. Aujourd'hui, tout changement dans la composition du portefeuille d'investissement d'un épargnant israélien — qu'il s'agisse d'un passage entre fonds communs de placement, de la vente d'une action ou du changement de société de gestion — est considéré comme un événement fiscal nécessitant le paiement immédiat de l'impôt sur les plus-values. Ce paiement réduit les montants du portefeuille et diminue l'effet des intérêts composés au fil des ans.
La réforme propose un mécanisme alternatif qui reportera le paiement de l'impôt jusqu'au moment du retrait des fonds. L'expert-comptable Tzahi Mane, fondateur et PDG de Mane Accountants, explique le mécanisme proposé : à l'intérieur de cette « boîte », l'épargnant peut effectuer n'importe quelle opération financière — acheter des actions, vendre, passer d'un fonds à l'autre ou changer de société de gestion — et tant que l'argent reste sur le compte, aucun « événement fiscal » ne se produit et aucun impôt sur les plus-values n'est payé.
Selon la proposition, chaque citoyen israélien pourra ouvrir un tel compte et y déposer jusqu'à 200 000 shekels par an. Ainsi, une famille de quatre personnes pourra déposer jusqu'à 800 000 shekels par an sur un compte d'épargne protégé fiscalement. Mane illustre : un épargnant de 40 ans qui a déposé 100 000 shekels dans la boîte, et qui a effectué 40 transitions entre investissements sur 20 ans, peut atteindre à la fin de la période, grâce aux intérêts composés, une somme d'environ 500 000 shekels. Dans l'ancien système, où il est tenu de payer l'impôt à chacune des 40 transitions, l'effet est érodé et il n'aurait atteint qu'environ 380 000 shekels. Il s'agit d'une différence réelle d'environ 120 000 shekels.
De plus, le retrait de l'argent sous forme de rente à partir de 60 ans donne droit à une exonération fiscale totale. Un retrait sous forme de somme forfaitaire avant 60 ans sera soumis à l'impôt ordinaire sur les plus-values au taux de 25 pour cent.
Qui devrait en bénéficier et qui doit être prudent ?
Les épargnants âgés de 30 à 50 ans, ainsi que les familles qui ouvriront des comptes pour leurs enfants sur le long terme, devraient être les principaux bénéficiaires de la réforme. En revanche, Mane prévient que la mesure ne profite pas à tout le monde : ceux qui détiennent déjà un fonds de prévoyance d'investissement en volumes importants d'un ou deux millions pourraient être pénalisés par la nouvelle limite de dépôt de 200 000 shekels par an, qui réduit la capacité de dépôt future par rapport à la situation actuelle.
Dans le cadre de la réforme, une « protection des nouveaux entrants » sera activée, qui éloignera les quatre grandes banques de la gestion des nouveaux comptes pendant les trois premières années, dans le but de permettre la concurrence des sociétés de gestion et des compagnies d'assurance. L'organisme gestionnaire devrait effectuer la compensation fiscale automatique uniquement au moment du retrait, ce qui évitera aux épargnants de devoir remplir des déclarations annuelles complexes.
Cependant, Mane note : la question centrale est de savoir si la mise en œuvre en Israël sera suffisamment simple pour que le grand public puisse vraiment utiliser cet outil. La clé du succès de la réforme réside dans une simplicité accessible. Le défi de l'État sera de créer un processus numérique et transparent afin que chaque citoyen puisse facilement suivre son plafond de dépôt familial et ses pistes d'épargne en un clic.
Bien que le Trésor ait déclaré ses intentions, la mesure est soumise à l'achèvement de la législation à la Knesset, et elle devrait entrer en vigueur en 2027. Mane recommande de ne pas attendre : il est conseillé de vérifier dès maintenant le volume des fonds détenus dans les fonds de prévoyance d'investissement et de le comparer au plafond proposé. De plus, il est important de commencer à penser en termes familiaux et non seulement en tant qu'individus — une planification appropriée à l'avance vous placera dans une excellente position une fois que la loi entrera en vigueur.





