La plaignante a utilisé l'IA pour se préparer — le procès pour viol est interrompu
Un procès pour viol en Grande-Bretagne a été interrompu après que des journaux de téléphone portable ont révélé que la plaignante avait utilisé un chatbot IA pour se préparer au contre-interrogatoire et « peaufiner » ses réponses. Le tribunal a statué qu'il s'agissait d'un « coaching de témoins » interdit susceptible de contaminer le témoignage.

Utilisation controversée : un procès complexe pour viol qui se déroulait dans le sud de la Grande-Bretagne a été brusquement interrompu après qu'il a été révélé que la plaignante avait utilisé un chatbot basé sur l'intelligence artificielle pour préparer et élaborer ses réponses en vue du contre-interrogatoire, comme l'a rapporté hier (lundi) le Telegraph britannique.
L'affaire a commencé lorsque l'accusé, désigné sous le nom de R, a été accusé d'avoir commis un viol sur une victime désignée sous le nom de C après qu'elle eut consommé une grande quantité d'alcool et de drogues. Les deux personnes avaient auparavant entretenu une relation consensuelle, mais C avait mis fin à la relation quelques semaines avant l'incident. Dans le cadre du contre-interrogatoire, C, seul témoin de l'accusation, a été interrogée longuement sur sa localisation et son comportement ce soir-là.
L'erreur qui a révélé la correspondance
Le rebondissement dramatique s'est produit à l'initiative de la plaignante elle-même. Après avoir terminé le contre-interrogatoire, C a demandé à soumettre au tribunal des captures d'écran de son téléphone portable personnel pour renforcer sa version des réponses. Cependant, la soumission de cette preuve a conduit à une demande juridique de remise des données de l'appareil entier à l'équipe de la défense — et une surprise les y attendait. Lors de l'examen de l'appareil, des journaux détaillés de longues conversations que la plaignante avait eues avec un chatbot d'intelligence artificielle ont été découverts. Les journaux étaient divisés en sujets ciblés, notamment : « Sur ce qui s'est passé cette nuit-là », « Sur le consentement et la capacité », « Sur les preuves physiques » et « Sur ton comportement après ».
« Coaching de témoins » inapproprié
Suite à cette révélation, l'avocat de R a soutenu qu'un procès équitable ne pouvait plus avoir lieu, car il est impossible de savoir dans quelle mesure le témoignage de la plaignante a été influencé par les réponses générées par le chatbot. La Cour d'appel a partiellement accepté l'argument et a statué qu'il s'agissait de la pratique interdite de « coaching de témoins » (Witness Coaching) :
« Il faut tenir tous les témoins, qu'ils soient de l'accusation ou de la défense, strictement à l'écart de l'utilisation de l'intelligence artificielle pour se préparer à témoigner. »
Les juges ont ajouté, en faisant allusion à la plaignante :
« Un témoin honnête pourrait modifier l'accent mis dans son témoignage pour l'aligner sur ce qu'il perçoit comme un souvenir plus précis des événements. En revanche, un témoin menteur réfléchira très rapidement à la manière d'« améliorer » son témoignage. »
En Grande-Bretagne, il existe une interdiction stricte du « coaching de témoins » par crainte que leur mémoire ne soit contaminée. Les règles permettent aux avocats de préparer les témoins par le biais de procès fictifs, mais interdisent strictement de façonner les preuves ou de répéter le contenu du témoignage lui-même — une règle établie dès 2004. Le tribunal local de Lewes estimait que l'affaire devait être totalement annulée, mais la Cour d'appel a finalement ordonné qu'un nouveau procès (Retrial) soit fixé à la date la plus proche possible.





