La décision qui façonnera le Moyen-Orient : Trump doit choisir entre l'escalade et le règlement
Le président des États-Unis, Donald Trump, est confronté à une décision stratégique entre l'élargissement de la campagne contre l'Iran ou le retour sur la voie d'un règlement. Sa décision pourrait avoir des conséquences considérables pour Israël, les pays du Golfe et la stabilité régionale.

La décision de Donald Trump de reporter à ce stade une attaque plus large contre l'Iran reflète le débat qui se déroule au sein de l'administration américaine. Parallèlement à la volonté de continuer à exercer une pression militaire, les voix mettant en garde contre une extension de la guerre se multiplient. Les commandants de l'armée américaine, dirigés par le président du Comité des chefs d'état-major interarmées, ont mis en garde contre un épuisement significatif des stocks d'intercepteurs et la nécessité de gérer une « économie des munitions », une réalité qui pourrait nuire à la capacité des États-Unis à défendre leurs alliés si le conflit s'étendait.
Dans ce contexte, l'évaluation est qu'il existe une compréhension croissante au sein de l'appareil de sécurité américain que le modèle opérationnel des dernières semaines s'est épuisé. Si l'administration n'a pas l'intention d'élargir considérablement la campagne, il est difficile de voir comment la poursuite de la même politique modifiera le comportement de l'Iran ou l'amènera à faire des concessions.
C'est pourquoi Donald Trump est confronté à un dilemme stratégique. D'une part, il peut choisir l'escalade, mais sans aucune certitude que l'Iran capitulera même s'il subit des dommages plus lourds. Une telle mesure pourrait aggraver encore la crise dans le détroit d'Ormuz, faire grimper les prix de l'énergie et mettre en péril la stabilité régionale, surtout dans le contexte de la détérioration des relations entre l'Arabie saoudite et les Houthis.
D'autre part, Donald Trump peut revenir sur la voie d'un règlement. Cependant, ici aussi, le prix est clair : il est probable que l'Iran insistera sur sa demande de maintenir son statut dans le détroit d'Ormuz, parallèlement à l'exécution des engagements économiques inclus dans le mémorandum d'entente, y compris le déblocage des fonds qui lui ont été promis. Sur le plan politique, il s'agit d'une décision difficile pour un président qui ne veut pas être perçu comme quelqu'un qui a été contraint de faire des compromis après des mois de confrontation.
Israël et les pays du Golfe attendent la décision à Washington, car chacune des options comporte des conséquences dramatiques pour leur sécurité. La plupart des pays du Golfe préféreraient voir la fin de l'escalade, mais ils ne sont pas moins préoccupés par la réalité qui sera créée le lendemain et par le prix qu'ils devront payer dans le cadre de tout futur règlement.
Parallèlement, l'arène yéménite continue de servir la stratégie iranienne. Les Houthis cherchent à exploiter ce qu'ils considèrent comme une faiblesse saoudienne, et augmentent la pression sur l'Arabie saoudite en tentant de nuire aux voies de navigation et au trafic des pétroliers via le détroit de Bab-el-Mandeb afin de lever le blocus saoudien qui leur est imposé. Ce faisant, ils placent également Riyad devant un dilemme similaire à celui du président Donald Trump : faut-il viser un règlement malgré le prix politique, ou répondre militairement et risquer une nouvelle campagne dont l'issue en leur faveur n'est pas garantie.
Pour Israël, la signification est également claire. Les décisions qui seront prises à Washington et à Riyad affecteront directement la stabilité régionale et la capacité de l'Iran à continuer d'exercer une pression par l'intermédiaire de ses mandataires, et dans un contexte direct, la probabilité d'une escalade entre Israël et les membres de l'« axe de la résistance ».
Parallèlement, il semble que Téhéran continue d'exploiter son emprise en Irak pour permettre des activités contre des cibles régionales, notamment l'Arabie saoudite et la Jordanie, en utilisant des milices et des éléments mandataires opérant en dehors de son territoire.
En fin de compte, la décision de Donald Trump ne déterminera pas seulement la poursuite de la campagne contre l'Iran. Elle façonnera l'équilibre des forces au Moyen-Orient dans les années à venir et décidera si la région se dirigera vers une nouvelle escalade généralisée ou vers un règlement qui obligera toutes les parties à accepter des compromis significatifs.




