La banque UBS prévient : le dollar pourrait continuer à s'affaiblir prochainement
La banque suisse UBS a publié une analyse et recommande aux investisseurs de réexaminer leur exposition aux devises étrangères, dans un contexte d'inquiétudes concernant la stabilité de la dette américaine et la hausse attendue du prix de l'or.

L'analyse quotidienne du marché du département de gestion de fortune mondiale de la banque suisse UBS, publiée lundi, souligne une pression continue sur le marché obligataire américain et indique que les forces économiques qui en sont à l'origine sont plus puissantes que les interventions ponctuelles du gouvernement.
La semaine dernière, le Trésor américain a tenté de soutenir le marché obligataire, mais l'impact a été de courte durée. Le rendement des obligations d'État américaines à 30 ans est remonté aux alentours de 5,27 %. UBS explique que des facteurs structurels sont à l'origine de cette pression, notamment les importants déficits budgétaires des États-Unis, les prix de l'énergie et la forte demande de capitaux pour les investissements dans l'infrastructure de l'intelligence artificielle.
La banque recommande à ce stade de privilégier les obligations à court et moyen terme jusqu'à ce qu'une image plus claire soit obtenue concernant l'inflation et la croissance. Selon les analystes, la volatilité des obligations à long terme devrait se poursuivre.
L'un des chiffres les plus marquants de l'analyse concerne l'or. Le prix du métal a augmenté d'environ 15 % au cours du mois, et UBS prévoit qu'il pourrait atteindre 5 400 dollars l'once d'ici 12 mois. La banque attribue cette prévision, entre autres, aux inquiétudes entourant la stabilité de la dette publique américaine et à la faiblesse du dollar.
La monnaie américaine est également sous pression. UBS estime que le dollar pourrait continuer à s'affaiblir, en partie parce que la fenêtre d'opportunité de la Réserve fédérale pour de nouvelles hausses des taux d'intérêt se réduit. En conséquence, la banque recommande aux investisseurs de réexaminer leur exposition aux devises étrangères.
Malgré les rendements élevés des obligations, UBS ne recommande pas d'abandonner le marché boursier. La faiblesse du dollar pourrait atténuer une partie de l'impact des conditions de financement onéreuses, et la recommandation est donc de maintenir une exposition diversifiée aux actions cycliques, aux entreprises technologiques et aux actions défensives.
L'Europe offre également une lueur d'espoir. L'indice des directeurs d'achat dans la zone euro s'est établi à 52,1 en août, un chiffre qui indique la poursuite de l'expansion de l'activité commerciale. UBS note particulièrement le renforcement de la production et estime que la Banque centrale européenne pourrait se contenter d'une hausse supplémentaire des taux d'intérêt. Parallèlement, la banque a relevé le secteur technologique en Europe à une recommandation attrayante.
En Amérique du Nord, la tension commerciale se poursuit entre les États-Unis et le Canada. Le Canada a annoncé des droits de douane de représailles d'un montant de 20 milliards de dollars, qui entreront en vigueur le 8 septembre, après que les États-Unis ont imposé un droit de douane de 50 % sur les produits canadiens du même montant. Malgré la tension, UBS estime que le taux de droit de douane effectif des États-Unis restera cette année dans une fourchette de 10 % à 15 %.
L'image présentée par la banque est complexe : d'une part, l'intervention gouvernementale peine à modifier les tendances sur le marché obligataire américain. D'autre part, la faiblesse du dollar, la reprise en Europe et la demande pour des actifs comme l'or pourraient créer de nouvelles opportunités pour les investisseurs en période d'incertitude.





