La Banque de Jérusalem dément : un détournement de fonds majeur est-il encore possible ?
La Banque de Jérusalem a démenti les rumeurs, affirmant qu'aucune preuve d'activité anormale n'avait été trouvée. Dans ce contexte, nous avons vérifié si un détournement de fonds à grande échelle est encore possible aujourd'hui, suite au renforcement des mécanismes de contrôle après l'affaire Eti Alon et la Banque pour le commerce en 2002, où 250 millions de shekels avaient été volés.

Ces dernières heures, des rumeurs circulent sur les réseaux sociaux, sans aucune vérification, concernant une affaire liée à la Banque de Jérusalem. La banque elle-même a précisé que « suite à la vérification effectuée, aucune donnée n'a été trouvée indiquant des actions anormales avec les fonds ou les actifs de la banque ». Les actions de la Banque de Jérusalem (2034, -1,93 %) ont chuté avec les rumeurs, et plus tard, après le rapport de la banque, la tendance négative s'est modérée.
Dans ce contexte, nous sommes allés vérifier si un détournement de fonds à grande échelle est encore possible aujourd'hui dans les banques. Il convient de noter que les mécanismes de contrôle et de surveillance ont été considérablement renforcés au fil des ans. Leur efficacité a été prouvée, bien qu'ils n'aient pas empêché hermétiquement les détournements, qui concernent désormais principalement des montants relativement faibles.
Lorsqu'on parle d'affaires de détournement de fonds, l'histoire la plus mémorable est l'affaire Eti Alon, révélée en 2002, au cours de laquelle elle a volé environ 250 millions de shekels à la Banque pour le commerce pour couvrir les dettes de jeu de son frère, Ofer Maximov, provoquant l'effondrement complet de la banque.
Suite à cet événement, en 2003, la Banque d'Israël a formulé une série de règles destinées à empêcher la récurrence de cas similaires. Les points principaux incluent :
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Restriction d'accès : un banquier n'a accès qu'aux clients qui lui sont assignés.
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Le « principe des quatre yeux » : une action ou une décision sensible doit être approuvée par deux titulaires de poste distincts pour éviter l'abus d'autorité.
Rotation des postes
Les règles exigent la mise en œuvre d'une rotation sur divers postes et une séparation appropriée des tâches. Selon la directive de la Banque d'Israël, une société bancaire est tenue d'établir une politique de rotation des gestionnaires et des employés, d'identifier les postes sensibles et de déterminer des contrôles internes spéciaux pour les cas où la rotation est impossible.
Vacances continues
Une autre leçon concerne l'exigence de partir en vacances pour une période continue. Le détournement d'Alon a été rendu possible parce qu'elle n'a pas manqué le travail pendant des années, a raccourci ses congés et est venue à la banque même pendant ses vacances, ce qui a rendu difficile la détection de son activité. Aujourd'hui, tous les employés doivent prendre au moins 6 jours de vacances continues par an, et ceux occupant des postes sensibles au moins 10 jours consécutifs. Pendant cette période, les autorisations de l'employé sont bloquées et son remplaçant ne doit pas faire partie des employés de la même succursale.
Mécanismes de signalement anonyme
Parallèlement, les contrôles automatiques sur l'émission de chèques, la rupture des dépôts et l'octroi de prêts ont été renforcés. Une obligation a été imposée d'exploiter des mécanismes de signalement anonyme (lignes directes) permettant aux employés de signaler des activités suspectes.
Aujourd'hui, à l'ère de l'intelligence artificielle, des outils d'audit innovants permettent une surveillance plus étroite. Le détournement dans le système bancaire n'est généralement pas aussi dangereux que les dommages collatéraux qu'il cause, à savoir la crainte pour la stabilité du système bancaire, ou une « panique bancaire » (bank run). C'est une situation où le public veut récupérer son argent tout à la fois, et la banque n'a pas la capacité de faire face aux remboursements.
Une banque utilise l'effet de levier sur l'argent du public, conservant généralement des soldes d'environ 10 % des montants requis. Si tout le monde prend peur et demande ses fonds simultanément, la banque peut ne pas être en mesure d'y faire face. Dans une telle situation, la Banque d'Israël intervient généralement pour injecter des liquidités ou forcer une vente. Par le passé, avant ces réglementations, de petites banques se sont effondrées à cause de détournements géants, comme la North American Bank (1985) et la Israel-British Bank (1974).





