La baisse des spreads est une mauvaise nouvelle pour les investisseurs dans les obligations des sociétés immobilières
De nombreux investisseurs s'attendent à ce que les obligations d'entreprise rapportent un rendement excédentaire significatif par rapport aux obligations d'État. Cependant, la prime de risque actuelle est-elle justifiée face à la hausse mondiale des rendements et aux menaces persistantes ?

L'auteur est l'un des fondateurs et propriétaires de la maison d'investissement Meitav.
Le marché des obligations d'entreprise, qui n'existait pratiquement pas il y a 20 ans, est devenu une partie intégrante du marché des capitaux israélien depuis la réforme Bachar de 2005. Aujourd'hui, près d'un millier de séries d'obligations d'entreprise sont négociées, pour une valeur totale d'environ 650 milliards de shekels. Une part importante est constituée d'entreprises immobilières — de la construction résidentielle aux centres commerciaux — ainsi que d'institutions financières comme les banques et les compagnies d'assurance. À titre de comparaison, le marché des obligations d'État israéliennes pèse environ 860 milliards de shekels.
Au-delà des titres individuels, les investisseurs utilisent des paniers comme le Tel-Bond 20, 40 ou 60, ainsi que des fonds négociés en bourse (ETF) qui suivent ces indices.
Notation officielle et marché
Les obligations d'entreprise se distinguent par leur notation auprès des agences Maalot S&P et Midroog Moody's. Le critère principal n'est pas le profit, mais la capacité de génération de flux de trésorerie pour assurer le paiement des intérêts et du principal. Les émetteurs diffèrent également par leur durée et leurs garanties.
Les investisseurs privilégient les obligations d'entreprise pour le potentiel de rendement supérieur aux obligations d'État. Cette différence, appelée « spread », constitue une prime de risque et une évaluation quotidienne de la fiabilité de l'émetteur par le marché.
Actuellement, les spreads moyens pour les obligations de qualité investissement sont de 0,5 % pour AA+, 0,6 % pour AA, 1,0 % pour A et 1,9 % pour BBB. Les obligations sans notation affichent un spread moyen de 3,1 %. Par secteur, les banques et les télécoms se négocient à 0,5 %, l'énergie à 0,7 % et la construction à 1 %.
Contexte international et bas historiques
Bien que les tendances des spreads soient similaires aux États-Unis, il est crucial de noter que les notations américaines sont internationales, contrairement aux notations israéliennes qui sont locales. Un rating AA en Israël correspond à une position inférieure de 4 à 5 crans sur l'échelle internationale. Actuellement, les spreads sont à des niveaux historiquement bas.
Est-ce justifié ? Si la baisse des taux d'intérêt en Israël aide le secteur des entreprises, les risques internes et externes persistent. La campagne militaire prolongée sur plusieurs fronts pèse sur l'économie, notamment sur la construction résidentielle. Une prime de rendement de 1 à 2 % par rapport aux obligations d'État semble être une compensation insuffisante face à ces risques.
Risques de liquidité et hausse des rendements souverains
Une menace majeure réside dans le risque de sorties de fonds lors des baisses de marché et dans une possible crise de liquidité. De plus, les tensions sur le marché de la dette privée pourraient se propager aux obligations cotées.
Le risque central actuel est la hausse des rendements à l'échéance des obligations d'État, alimentée par les craintes d'escalade dans le conflit États-Unis-Iran. Les rendements des obligations américaines à 30 ans ont atteint 5,1 %, et ceux à 10 ans 4,6 %. Des hausses similaires sont observées en Allemagne (3,2 %), au Royaume-Uni (5 %) et au Japon (2,8 %).
Cette tendance devrait peser sur le marché boursier et le secteur des obligations d'entreprise. Ces dernières font face à un double choc : la baisse des prix due à la hausse des taux de marché et l'élargissement attendu des spreads eux-mêmes.
Ce document ne constitue pas une recommandation d'investissement ni un substitut au jugement indépendant du lecteur. La maison d'investissement gère, entre autres, des fonds communs de placement obligataires.





