Près de trois ans après le 7 octobre, les habitants entament leur retour à Kfar Aza
Près de trois ans après le 7 octobre, les habitants de Kfar Aza entament un retour progressif. Entre espoir de renaissance, chantiers de reconstruction et traumatismes persistants, la communauté tente de se réinventer.

Près de trois ans après le massacre du 7 octobre, les habitants de Kfar Aza entament un retour progressif, prudent et souvent douloureux. Environ 50 familles sur près de 300 foyers sont rentrées, et la communauté espère accélérer la cadence après les fêtes. Si les jardins d'enfants ont rouvert et que les premiers tracteurs sillonnent les sentiers, l'ombre de la tragédie reste omniprésente. Environ 30 % à 40 % des familles hésitent encore à revenir, tandis que 10 % à 15 % ont définitivement renoncé. Les responsables estiment que 70 % des résidents pourraient regagner le kibboutz d'ici fin 2027, à condition que la situation sécuritaire le permette.
Reconstruire entre ruines et traumatismes
Ce retour s'accompagne de lourds défis émotionnels. Le symbole le plus poignant de l'angoisse reste le quartier détruit de la « Jeune Génération », où 11 habitants ont été assassinés et sept enlevés. Un litige concernant la démolition de ce quartier a été porté devant la Cour suprême, poussant la direction à détourner l'entrée du site et à ériger une clôture. Pour des familles comme Viki et Nadav Nassi-Tzanzipar, qui ont frôlé la mort le 7 octobre, l'installation dans un nouveau logement au sein du kibboutz représente une fin de parcours face à des années de nomadisme et un premier pas vers la normalité.
« Le kibboutz ressemble aujourd'hui à un chantier. Tout est sens dessus dessous, ce qui ravive les souvenirs de ce jour-là », confie Nadav. « Mais malgré les difficultés, nous sommes heureux d'être rentrés pour élever nos enfants ici. »
L'éducation comme symbole de renouveau
Les signes de renaissance se lisent surtout à travers les enfants. Einat Chamias-Bones, enseignante en éducation spécialisée, a quitté son lieu d'évacuation pour rouvrir le jardin d'enfants local. Le 1er septembre, dix enfants ont franchi le seuil, arrancant des larmes d'émotion aux parents. D'autres résidents, à l'instar de Sharona Kessler, mettent leurs compétences au service de la reconstruction des infrastructures et des espaces collectifs.
Malgré les défis sécuritaires et l'incertitude géopolitique, les habitants de Kfar Aza affichent une volonté farouche de redonner vie à leur communauté, espérant un avenir plus paisible.



