Planter ses racines près de Gaza : des familles s'installent à Kerem Shalom
Trois ans après les attentats du 7 octobre, neuf familles ont choisi de s'installer à Kerem Shalom, le kibboutz le plus proche de la bande de Gaza, incarnant le renouveau et la résilience face aux défis sécuritaires.
Le véhicule brûlé et détruit est toujours là. Tout comme la clôture, les sentiers et les abris anti-atomiques mobiles dispersés tous les quelques mètres, qui continuent de rappeler ce qui s'est passé ici au matin du 7 octobre. À Kerem Shalom, la mémoire n'est pas un récit lointain du passé, mais fait partie intégrante du paysage.
Pourtant, c'est précisément en ce lieu, sauvé d'un massacre horrible grâce à l'héroïsme de l'équipe de sécurité locale et de plusieurs combattants, que de nouvelles vies commencent à germer. Les enfants courent ensemble entre les maisons, les familles déballent des cartons, et à la lisière du kibboutz, aux côtés des structures temporaires, les engins travaillent déjà sur le prochain quartier.
Un renouveau sur la frontière
Trois ans après le massacre, neuf familles ont choisi de faire ce qui semble aller à l'encontre des instincts de chacun : juste après les images pénibles d'enfants et de personnes âgées enlevés de leurs lits dans l'enveloppe de Gaza, elles ont décidé de planter leurs racines à Kerem Shalom, le kibboutz le plus proche de Gaza.
Pour Shira Engler, maquilleuse de mariées, l'idée de déménager dans le kibboutz est née presque instantanément. "Nous étions sous la tente du Forum de la Gvura, en train de parler d'Amihai Wizman, qui a été tué ici au sein de l'équipe de sécurité. On nous a parlé d'Amihai et de Kerem Shalom, une communauté mixte de religieux et de laïcs. Depuis, nous avons eu le coup de foudre", a-t-elle rappelé.
"Il y a des endroits où c'est plus dangereux, d'autres moins, mais au final le danger existe. Et il y a des endroits où l'on a plus besoin de nous, alors on y va malgré la peur."
Reconstruire et grandir
Pour Avital Gitler, sage-femme, le déménagement a nécessité de nombreux sacrifices. Elle s'éloignée de sa famille et de son lieu de travail au centre médical Soroka, tandis que son mari a dû réinventer son entreprise. Gilad et Aviya Yehlomi avaient déjà envisagé Kerem Shalom avant le 7 octobre, et malgré le massacre, ils n'ont pas renoncé.
Pour Amihai Schindler, grièvement blessé le 7 octobre en protégeant la porte de la pièce sécurisée pour sauver sa famille, le changement est viscéral. Trois ans plus tard, il voit l'endroit où il a failli être assassiné se repeupler. À côté des logements temporaires, un nouveau quartier de 14 unités d'habitation est en cours de construction.


