Japon : les réformes soutiennent les marchés, la Chine déçoit Julius Baer
L'analyse de Julius Baer met en lumière des marchés asiatiques contrastés : les réformes au Japon soutiennent les actions vers un objectif de 75 000 points, tandis que les mesures en Chine déçoivent.
Les marchés asiatiques continuent d'évoluer dans un paysage économique contrasté, les réformes d'entreprise au Japon soutenant les marchés boursiers et incitant les entreprises à se concentrer sur la création de valeur à long terme, tandis qu'en Chine, les mesures gouvernementales sur le marché immobilier ne parviennent toujours pas à stimuler les attentes des investisseurs. C'est ce qui ressort de l'analyse quotidienne de Julius Baer.
Selon Luis Chua, analyste de recherche actions pour l'Asie chez Julius Baer, la réforme des entreprises au Japon a récemment changé d'orientation. Après des années où les paiements de dividendes records et les rachats d'actions ont occupé le devant de la scène, l'accent est désormais mis sur la création de valeur durable par le biais d'investissements de croissance, d'un engagement plus efficace des actionnaires et d'une restructuration des activités.
Les réformes d'entreprise ont été l'un des thèmes centraux du marché boursier japonais en 2026. Depuis que la Bourse de Tokyo (TSE) a demandé en 2023 aux sociétés cotées de "prendre des mesures pour mettre en œuvre une gestion consciente du coût du capital et du cours de l'action", les rendements pour les actionnaires ont continué d'atteindre de nouveaux sommets.
L'élan des réformes au Japon
Le total des dividendes versés par les entreprises composant l'indice TOPIX devrait croître à un taux annuel moyen de 13 % entre l'exercice 2024 et l'exercice 2026E. Au cours de l'exercice actuel, les dividendes devraient atteindre 21,7 milliards de yens, soit près du double des 11,9 milliards de yens distribués il y a cinq ans. Parallèlement, le volume des rachats d'actions depuis le début de l'année a atteint 20,3 billions de yens à fin août 2026, contre 18,1 billions de yens pour l'ensemble de l'année 2025.
Julius Baer souligne trois évolutions intervenues depuis juillet qui, selon eux, renforcent l'évaluation selon laquelle les réformes des entreprises continueront d'être un moteur structurel et pluriannuel pour les actions japonaises. Le 18 septembre, le tribunal de district de Tokyo a accordé une injonction préliminaire contre la mise en œuvre d'une mesure de défense contre les OPA hostile sous forme d'émission de bons de souscription dilutifs à l'encontre d'un actionnaire spécifique, bien que cette « pilule empoisonnée » ait été approuvée par les actionnaires en juin.
L'affaire n'a pas encore été jugée définitivement, mais Julius Baer estime que les conseils d'administration des sociétés cotées prêteront désormais beaucoup plus d'attention à un dialogue constructif avec les actionnaires. À l'approche des assemblées générales annuelles de juin, les investisseurs institutionnels ont soumis 139 propositions dans 51 entreprises, un record par rapport à seulement 12 en 2018.
Les difficultés du marché chinois
À l'inverse, la situation en Chine est moins encourageante du point de vue du marché. Richard Tang, responsable de la recherche sur les actions pour l'Asie chez Julius Baer, estime que la politique chinoise reste progressive et ciblée, et que les récentes mesures en matière de logement n'apportent pas de réponse à la hauteur des attentes des investisseurs. Selon lui, le sentiment du marché chinois devrait rester faible jusqu'à l'apparition de catalyseurs plus puissants.
La Banque populaire de Chine (PBoC) a annoncé mardi qu'elle réduirait de 25 points de base le taux d'intérêt sur les facilités de prêt supplémentaire garanti (PSL) et qu'elle élargirait les facilités de ré financement. Dans le même temps, les régulateurs financiers ont lancé un programme de subvention des taux d'intérêt hypothécaires.
Julius Baer estime que seulement 20 % à 25 % des transactions immobilières seront éligibles à la subvention, la plupart se situant dans des villes de rang inférieur. Par conséquent, la maison d'investissement estime que l'impact de la politique sur l'investissement sera marginal et insuffisant pour compenser les pressions découlant des politiques relatives aux ventes de logements achevés.





