En Italie, la lente disparition des traditionnels bars à espresso

Les bars à espresso traditionnels en Italie disparaissent face à la hausse des coûts, au changement climatique et aux nouvelles habitudes de travail post-pandémie.

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LIFESTYLE // CULTURE PANORAMA

Le bar à espresso est l'un des emblèmes les plus incontابتables de l'Italie. Un cappuccino rapide au comptoir, un petit verre d'eau ou de soda, un échange avec le barista, et l'on poursuit sa journée. Pourtant, cette institution culturelle disparaît lentement des rues italiennes. Entre 2019 et 2025, le nombre de cafés en Italie a chuté de 20 000, passant d'environ 170 000 à 145 000, soit une perte moyenne de 11 établissements par jour.

Ce déclin dramatique se traduit par un coût économique colossal, représentant une perte de revenus de 7,2 milliards d'euros sur les six dernières années en tenant compte des achats, de l'emploi et des taxes. Les causes de cette chute sont multiples : envolée des coûts des matières premières, du travail et de l'énergie, évolution des habitudes de travail dans les grandes villes, concurrence des services de livraison et érosion du pouvoir d'achat.

La désertification des centres urbains

Au-delà de l'impact économique, la disparition de ces lieux de rencontre modifie l'apparence et l'ambiance des villes italiennes. Les rues deviennent plus calmes, et les espaces sociaux s'effacent. Les Italiens utilisent un terme sombre pour décrire ce phénomène : la désertification. Le bar à espresso a toujours été un lieu de mixité sociale, économique et générationnelle, un véritable sanctuaire national.

Aujourd'hui, même à Rome, le nombre de cafés a baissé de plus de 30 % en six ans. La jeune génération consomme moins de café, tandis que les plus âgés, fidèles à la tradition, peinent à accepter l'augmentation des prix, qui passent de un euro à un euro vingt. Les propriétaires de bars, autrefois habitoués à miser sur un volume de clients élevé et des marges réduites par tasse, doivent réinventer entièrement leur modèle économique.

Crise climatique et chaîne d'approvisionnement

"Dans un pays qui sert près de six milliards de tasses de café par an, les propriétaires de cafés ne peuvent plus absorber les chocs successifs sans risquer la faillite."

Les dérèglements climatiques mondiaux pèsent également lourdement sur la production de grains de café. Les catastrophes naturelles et les variations météorologiques affectent directement les récoltes et la chaîne logistique internationale. Malgré une culture profondément enracinée où 85 à 90 % des Italiens boivent au moins un espresso par jour, la pression économique menace l'existence même du café de quartier traditionnel.

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