Israël doit se préparer au jour où l'Amérique ne sera tout simplement pas là | Alex Nahumson

L'alliance avec les États-Unis est un atout stratégique, mais elle ne peut remplacer la capacité d'Israël à agir de manière indépendante. De la campagne contre l'Iran aux stocks de munitions, en passant par l'énergie et les réservistes : Israël doit se préparer au jour où il devra continuer à se battre seul.

MaarivAuteur : Alex Nahumson
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Israël doit se préparer au jour où l'Amérique ne sera tout simplement pas là | Alex Nahumson
Photo : Maariv / בנימין נתניהו, דונלד טראמפ | צילום: יונתן זינדל, פלאש 90

Il existe une vérité simple qu'Israël doit intérioriser : un pays incapable de se défendre n'est pas réellement indépendant. Cela ne diminue en rien l'importance de l'alliance avec les États-Unis, qui est l'un des atouts de sécurité les plus importants d'Israël. Mais les alliances sont un multiplicateur de force, pas un substitut à une puissance indépendante. Chaque pays a ses propres intérêts, sa propre politique et ses propres limites.

La conduite américaine dans la campagne contre l'Iran l'a bien illustré. Il est possible de lancer une campagne commune et d'agir pour atteindre des objectifs communs — puis d'atteindre un tournant où l'intérêt politique change. Dans ce cas, l'arrêt des combats, la recherche d'un accord à presque n'importe quel prix et la possibilité donnée à l'ennemi de se rétablir. Si l'Iran peut réhabiliter son économie, renouveler ses capacités nucléaires, restaurer ses systèmes de missiles et revenir sur la scène plus fort, alors la campagne n'a pas résolu le problème. Elle a seulement reporté le prochain round.

Israël doit s'assurer une indépendance énergétique, même en cas de guerre prolongée : électricité, carburant, gaz et sources alternatives. Il est nécessaire de disposer de stocks stratégiques, de décentralisation, de stockage et de protection des infrastructures. L'énergie est un atout de sécurité, pas seulement une ressource économique. La guerre consomme des munitions à un rythme effréné. Les missiles, intercepteurs, bombes, obus, drones, pièces de rechange et composants électroniques sont des consommables. Israël ne peut pas se retrouver dans une situation où, précisément en temps de guerre, il dépend des usines et des décisions d'un gouvernement étranger. Il est nécessaire d'augmenter considérablement la production de défense locale, de maintenir des stocks stratégiques et de renforcer la capacité à augmenter rapidement la production en cas d'urgence.

Israël ne peut plus se contenter d'une petite armée basée sur l'hypothèse que les guerres seront courtes et précises. Une campagne prolongée sur plusieurs fronts exige de la masse : terre, air, mer, renseignement, défense aérienne, cyber, logistique et un large système de réserve. Les réservistes ne sont pas non plus une ressource illimitée. Si Israël veut avoir la capacité de résister longtemps, il doit la construire à l'avance — en main-d'œuvre, en équipement, en munitions, en systèmes de soutien et surtout en utilisant tout le potentiel humain pour le combat et d'autres rôles.

Dans toute planification stratégique, Israël doit se poser une question simple : quelle sera notre situation si, demain matin, notre allié le plus important décide de ne pas apporter une aide significative pour contrer les menaces ? Si la réponse est qu'Israël se retrouvera sans l'endurance nécessaire pour mener une campagne efficace pour sa défense, alors sa sécurité nationale est construite sur des bases fragiles.

L'aide américaine doit se poursuivre. La coopération en matière de renseignement doit se poursuivre. L'alliance doit être renforcée. Mais Israël doit aspirer à une situation où l'arrêt de l'aide ne le paralyse pas. Si un moment arrive où l'allié décide de quitter le champ de bataille, Israël doit être capable de continuer seul. L'indépendance stratégique n'est pas un luxe. C'est une condition de survie.

L'auteur est membre du conseil d'administration de « Mivtachim » — un forum de commandants nationaux.

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