Israir étudie le rachat d'Arkia pour défier El Al malgré les obstacles antitrust
Le projet de rachat d'Arkia par Israir promet de créer un poids lourd aérien contrôlant 22 % du trafic, mais se heurte à des défis financiers et à la vigilance de l'Autorité de la concurrence.

Une éventuelle acquisition d'Arkia par Israir présente une logique commerciale évidente sur le papier, combinant des activités et des flottes complémentaires pour rivaliser avec El Al. Entre janvier et septembre, Israir a détenu environ 11,7 % du trafic passagers international à l'aéroport Ben-Gourion, tandis qu'Arkia en représentait 10,7 %. La fusion des deux transporteurs créerait un acteur contrôlant plus de 22 % des opérations, renforçant considérablement son poids dans les négociations.
Cependant, la situation financière d'Israir soulève des interrogations. Au deuxième trimestre, la compagnie a enregistré des revenus de 140,7 millions de dollars et une perte nette de 18,5 millions de dollars, portant ses pertes semestrielles à 32,5 millions. En parallèle, elle a investi massivement dans l'ouverture de sa ligne vers New York et l'acquisition de deux Airbus A330, alourdissant son bilan.
Le processus d'intégration comporte également des risques majeurs. L'unification des systèmes de réservation, des équipages, de la maintenance et des réseaux de vente exige du temps et des capitaux considérables. De plus, Arkia étant une entreprise privée, ses données financières détaillées restent opaques, nécessitant un audit rigoureux de la part d'Israir.
La question réglementaire demeure centrale. Sur les liaisons intérieures, notamment vers Eilat, Arkia détient environ 61 % du trafic et Israir 36 %, soit un quasi-monopole cumulé de 97 %. Une telle concentration sur le marché domestique et international, notamment sur la ligne de New York, devrait susciter un examen approfondi de l'Autorité de la concurrence, qui s'était opposée à une fusion entre El Al et Israir en 2018.





