Crise du logement en Israël : quand le travail ne garantit plus l'indépendance

En Israël, 27 % des 25-34 ans vivent chez leurs parents et les jeunes locataires consacrent 42 % de leurs revenus au loyer, illustrant une crise du logement profonde.

Crise du logement en Israël : quand le travail ne garantit plus l'indépendance
Photo : עיריית בית שמש

La grande majorité des jeunes en Israël font face à un piège immobilier redoutable où le travail ne garantit plus l'autonomie financière, selon une analyse de l'expert en immobilier et ancien député Ilan Leibovitch. Les chiffres indiquent que 27 % des Israéliens âgés de 25 à 34 ans vivent chez leurs parents, tandis que les jeunes locataires consacrent en moyenne environ 42 % de leurs revenus au loyer.

Le Dilemme Entre le Foyer Parental et les Loyers Élevés

Les données d'Eurostat mettent en lumière la double facette de la crise du logement. Rester chez ses parents reflète souvent l'incapacité financière de s'installer seul, tandis que quitter le foyer contraint les jeunes actifs à consacrer une part disproportionnée de leur salaire au logement. En Israël, 9.1 % des ménages allouent au moins 40 % de leur revenu disponible au logement, un seuil que la Banque d'Israël juge dangereux et susceptible de fragiliser les familles en cas de choc professionnel.

Ilan Leibovitch souligne que l'écart entre les revenus et le coût d'un toit continue de se creuser, tant à l'achat qu'à la location. Un rapport du centre de recherche de la Knesset indique que la proportion de jeunes de 25 à 34 ans vivant chez leurs parents est passée de 25 % en 2022 à 27 % en 2024. De plus, les jeunes locataires dépensent 42 % de leurs revenus pour se loger, contre 28 % pour les autres locataires.

Repenser les Politiques Publiques du Logement

Abordant la question de l'emploi, Leibovitch note qu'un rapport de l'OCDE a révélé que près de 20 % des jeunes Israéliens de 18 à 24 ans ne travaillent pas, n'étudient pas et ne suivent aucune formation, contre 13 % en moyenne dans les pays comparables. Toutefois, il insiste sur le fait que cet indicateur ne doit pas servir à disqualifier la génération entière ou à confondre la situation des adultes actifs qui luttent pour leur indépendance.

Pour résoudre cette crise systémique, l'État doit cesser de mesurer l'indépendance des jeunes par l'achat immobilier et garantir une stabilité résidentielle abordable, proche des bassins d'emploi et des transports. Cela passe par le développement de petits appartements, de contrats de location à long terme et une offre accessible à ceux qui ne disposent pas d'un capital familial.

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