Israël envisage de réglementer le marché locatif et d'imposer les déclarations

Israël envisage d'imposer une obligation de déclaration aux propriétaires et d'encourager les baux de longue durée pour réguler un marché locatif de 50 milliards de NIS qui pèse lourdement sur les ménages.

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Israël envisage de réglementer le marché locatif et d'imposer les déclarations
Photo : ICE / דירה חדשה להשכרה (צילום AI)

Les propriétaires en Israël pourraient bientôt être tenus de déclarer leurs biens locatifs à l'État dans le cadre d'une vaste réforme visant à transformer le contrôle du marché et les relations locataires-propriétaires. Pour des millions de citoyens, cela pourrait se traduire par des contrats plus clairs et stables, un règlement rapide des litiges et une meilleure protection contre les imprudences. Néanmoins, des craintes subsistent quant au transfert de la bureaucratie et des coûts supplémentaires sur les locataires.

Un plan stratégique pour le marché locatif

L'obligation de déclaration constitue l'un des piliers du nouveau plan stratégique du ministère de la Construction et du Logement. L'État cherche ainsi à collecter des données précises sur les appartements loués, palliant l'absence actuelle de statistiques fiables concernant l'inventaire, les emplacements, les prix et les conditions des baux. Actuellement, les locataires peinent à évaluer la justesse des loyers demandés, tandis que l'État ne dispose pas de données globales pour identifier les hausses abusives.

Vers des baux à long terme

Le gouvernement envisage également d'intervenir directement dans le contenu des contrats de location. Des mesures sont à l'étude pour encourager l'adoption de baux de longue durée intégrant des mécanismes préétablis de révision des loyers. Cette transition vise à réduire l'incertitude chronique qui pèse sur les ménages confrontés chaque année à des hausses inattendues ou à des ordres d'expulsion.

« L'objectif est d'instaurer un climat de confiance où le propriétaire bénéficie de garanties et offre en échange une stabilité locative accrue aux familles », soulignent les experts.

Pour encourager cette dynamique, le plan prévoit des incitations fiscales ou de gestion pour les bailleurs, ainsi que des dispositifs de protection contre les impayés. En parallèle, une instance dédiée au traitement des litiges locatifs est envisagée afin d'éviter des procédures judiciaires longues et coûteuses.

Envolée des loyers et volume du marché

Ces propositions interviennent après des années d'augmentation rapide des loyers, devenus un fardeau majeur pour les ménages. Environ 2,5 millions d'Israéliens vivent en location, le loyer mensuel moyen atteignant environ 5 135 NIS après une hausse d'environ 90 % en 13 ans et demi. Dans le district Centre, les prix ont grimpé de 38 % sur la dernière décennie, contre 21 % à Jérusalem.

Malgré un marché pesant près de 50 milliards de NIS par an, l'État a longtemps navigué à vue. Le Contrôleur de l'État avait d'ailleurs épinglé l'absence de politique globale des pouvoirs publics. Par ailleurs, les initiatives de location institutionnelle, telles que la société publique « Dira LeHaskir » créée en 2013, n'ont commercialisé que quelque 5 200 logements à l'horizon 2024, illustrant la lenteur de la réponse publique.

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