Israël : l'aquifère stratégique de la montagne menacé par des eaux usées non traitées
Un rapport de « Green Now » alerte sur la contamination de l'aquifère de la montagne en Israël par 65 millions de m³ d'eaux usées palestiniennes non traitées s'infiltrant chaque année en Judée-Samarie.

Un réservoir stratégique sous haute tension
Le réservoir d'eau d'urgence stratégique d'Israël est confronté à une menace de contamination immédiate et sévère. Un nouveau rapport intitulé « Eaux troubles », publié par l'organisation environnementale « Green Now » (Yarok Achshav) — qui œuvre pour la protection de la nature et du patrimoine en Judée-Samarie —, révèle que l'aquifère de la montagne est systématiquement empoisonné par des dizaines de millions de mètres cubes d'eaux usées non traitées, provenant principalement du secteur palestinien.
Alors que les arrêts récents des usines de dessalement en raison de la pollution de la mer Méditerranée ont mis en évidence la vulnérabilité du réseau national, les experts avertissent que la véritable menace existentielle pour la sécurité hydrique du pays se déroule directement sous la chaîne de montagnes de Judée-Samarie.
L'aquifère de la montagne est un atout stratégique majeur et un réservoir d'urgence protégé qui fonctionne indépendamment des réseaux électriques ou des systèmes cybernétiques vulnérables. Il fournit environ 600 millions de mètres cubes d'eau par an, soit près d'un tiers de la consommation d'eau potable naturelle d'Israël.
Une vulnérabilité géologique extrême
La structure rocheuse karstique unique des collines de Judée-Samarie, caractérisée par des fissures profondes et des conduits souterrains rapides, permet une infiltration rapide de l'eau de pluie. Cependant, cette spécificité géologique rend également le réservoir extrêmement vulnérable, permettant aux polluants de s'infiltrer directement et rapidement dans la nappe phréatique.
Selon le rapport de « Green Now », la Judée-Samarie produit environ 124 millions de mètres cubes d'eaux usées par an, dont environ 100 millions de mètres cubes générés par le secteur palestinien. Alors que les eaux usées israéliennes de la région sont majoritairement collectées et traitées, environ 65 % de la population palestinienne n'est pas raccordée à un réseau d'assainissement réglementé.
En conséquence, environ 65 millions de mètres cubes d'eaux usées brutes sont déversés illégalement chaque année dans les cours d'eau et s'infiltrent directement dans le sol. Des études hydrologiques et des analyses de laboratoire ont déjà confirmé de graves contaminations microbiennes et chimiques des eaux souterraines, notamment des concentrations de nitrates dangereuses pour la santé publique, ainsi que la présence de métaux lourds et de perturbateurs endocriniens persistants.
Détournement de fonds et abandon environnemental
Le rapport souligne un contraste saisissant : l'Autorité palestinienne est l'un des plus grands bénéficiaires d'aide internationale par habitant au monde. Au fil des ans, des centaines de milliards de dollars ont été alloués au développement d'infrastructures environnementales et de stations d'épuration.
En pratique, en raison d'une corruption structurelle profonde, d'un manque de surveillance et de luttes de pouvoir internes, ces fonds s'évaporent, laissant l'environnement à l'abandon.
L'organisation « Green Now » prévient que si Israël ne réagit pas immédiatement pour s'affranchir des blocages politiques et entreprendre des actions unilatérales et fermes pour protéger ses ressources, le secteur national de l'eau fera face à une catastrophe écologique et sécuritaire majeure, paralysant le filet de sécurité le plus critique du pays en cas d'urgence.





