Crise immobilière en Israël : les experts fustigent l'échec de la politique d'offre
Des experts et responsables israéliens alertent sur la persistance de la crise du logement, plombée par des blocages structurels et l'échec des politiques d'offre.

Le marché immobilier israélien fait face à un déséquilibre structurel persistant entre l'offre et la demande, les experts reprochant aux politiques gouvernementales de négliger la cadence de construction. Nechama Bogin, présidente de l'Association des évaluateurs immobiliers, a vivement critiqué la stratégie du gouvernement, estimant que les programmes de logements subventionnés alimentent la hausse des prix tout en échouant à répondre aux besoins réels.
Selon Nechama Bogin, les programmes étatiques libèrent du foncier sans critères économiques rigoureux, tandis que les mesures fiscales de refroidissement de la demande masquent l'échec chronique à atteindre l'objectif stratégique de 65 000 logements achevés par an. Elle a également plaidé pour la relance du marché locatif à long terme, lourdement pénalisé par la hausse des taux d'intérêt, estimant qu'un tel marché est indispensable en Israël.
De son côté, Rafy Elmaliach, directeur général de l'Administration de la planification, a plaidé pour la réunification des compétences en matière de logement au sein d'une instance unique. S'exprimant lors de la conférence de l'Association des constructeurs de Tel-Aviv, il a souligné que la centralisation de la planification et du développement des infrastructures permettrait de libérer 1,3 million de logements actuellement bloqués dans des projets de renouvellement urbain.
Me Beni Arbiv, président du Conseil national de la planification et de la construction, a quant à lui insisté sur la nécessité de réformer le régime des taxes de plus-value dans le cadre du renouvellement urbain. Il a jugé indispensable de mettre fin à l'incertitude juridique actuelle, suggérant d'instaurer un prélèvement fixe sur le chiffre d'affaires des promoteurs immobiliers.
Enfin, Tomer Tzalich, vice-président de l'Association des constructeurs, a averti que près de 80 % des projets de rénovation urbaine ont perdu leur viabilité économique en raison de marges bénéficiaires réduites à portion congrue. Il a appelé à des réformes globales, incluant la réduction des charges publiques et l'élargissement des droits à bâtir, pour débloquer 300 000 unités de logement en souffrance.





