Sondage : près de 40 % des hommes en Israël envisagent l'émigration face aux crises

Selon un sondage Shilov, 38,3 % des hommes et 24,1 % des femmes en Israël envisagent de s'installer à l'étranger. Les hommes recherchent des opportunités économiques, tandis que les femmes privilégient la sécurité des enfants.

WallaAuteur : Yoav Itiel
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Sondage : près de 40 % des hommes en Israël envisagent l'émigration face aux crises
Photo : צילום: Walla.co.il

Un nouveau sondage réalisé par l'institut Shilov auprès de 502 répondants juifs âgés de 18 ans et plus révèle un écart de genre significatif concernant les intentions d'émigration en Israël. Près de quatre hommes sur dix (38,3 %) et une femme sur quatre (24,1 %) affirment que les conditions de vie difficiles dans le pays les poussent à envisager un départ à l'étranger.

Ces dernières années, les citoyens israéliens ont dû faire face à une succession de crises sans précédent : hausse du coût de la vie, flambée des prix de l'immobilier, tensions politiques, l'attaque du 7 octobre et la guerre qui a suivi, l'évacuation des localités frontalières et l'escalade directe avec l'Iran. À cela s'ajoutent de longues périodes de service de réserve (miluim) et une instabilité économique accrue.

Des intentions de départ en hausse

Selon l'enquête nationale, 31,3 % de l'ensemble des sondés déclarent que la vie en Israël les pousse à envisager un déménagement à l'étranger à un degré élevé ou très élevé (11,4 % « à un très grand degré » et 19,9 % « à un degré élevé »). À l'inverse, 34,5 % affirment que la situation ne les incite pas du tout à envisager un départ.

Le sondage a été commandé par l'avocat Joshua Pex, du cabinet Decker, Pex, Levi, spécialisé dans l'obtention de nationalités étrangères pour les Israéliens, afin d'analyser les tendances du marché de la double nationalité.

Un fossé marqué entre hommes et femmes

L'écart entre les sexes est l'un des résultats les plus marquants. Alors que 38,3 % des hommes envisagent sérieusement l'émigration, ce taux n'est que de 24,1 % chez les femmes. La différence s'accentue dans les réponses extrêmes : 17 % des hommes y pensent « à un très grand degré », contre seulement 5,6 % des femmes. À l'autre bout du spectre, 59,4 % des femmes n'envisagent pas ou peu un départ (dont 39 % « pas du tout »), contre 44,7 % des hommes (et 30 % respectivement).

L'avocat Joshua Pex avance plusieurs explications :

« Malgré les évolutions sociales, l'homme reste souvent perçu comme le principal soutien financier de la famille en Israël, tandis que la femme gère davantage le foyer et l'éducation. Les dernières années ont imposé de lourds défis économiques aux entrepreneurs et salariés, notamment avec les licenciements dans la tech. De plus, les hommes ont été soumis à un service de réserve particulièrement long et éprouvant. »

En revanche, l'élan de solidarité et de cohésion communautaire à l'arrière durant la guerre a renforcé le sentiment d'appartenance chez de nombreuses femmes, atténuant potentiellement les difficultés quotidiennes.

Deux visions du passeport étranger

L'étude montre également que les motivations diffèrent selon le genre. Les hommes perçoivent le passeport étranger comme une opportunité économique face à la cherté de la vie (40 % contre 31 % des femmes). Les femmes, quant à elles, privilégient la sécurité face à une éventuelle catastrophe et l'avenir de leurs enfants (67 % contre 56 % des hommes).

Joshua Pex précise :

« Un second passeport offre une option, mais ne traduit pas nécessairement un projet concret d'émigration. Lorsqu'on passe à l'acte, de nombreux facteurs pratiques entrent en jeu : emploi, conjoint, scolarité, logement et langue. Les femmes adoptent une approche plus pragmatique, voyant le passeport comme un filet de sécurité pour l'avenir de leurs enfants. »

Il note enfin que de nombreuses demandes proviennent de grands-parents qui ne souhaitent pas émigrer eux-mêmes, mais veulent garantir cette opportunité pour leurs descendants.

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