Pourquoi les sondages électoraux en Israël se trompent souvent

L'examen des scrutins passés en Israël démontre que les sondages de sortie des urnes s'écartent fréquemment des résultats définitifs, modifiant parfois l'équilibre politique.

Pourquoi les sondages électoraux en Israël se trompent souvent
Photo : Noam Chen / Israeli Ministry of Tourism (data.gov.il)

À la veille d'une nouvelle soirée électorale en Israël, l'histoire politique rappelle que les sondages de sortie des urnes ne coïncindent pas toujours avec les résultats définitifs. Plusieurs scrutins récents ont mis en évidence des écarts marqués entre les estimations initiales et le décompte officiel des bulletins, modifiant parfois radicalement la configuration politique.

L'un des précédents les plus marqués remonte aux élections de 1996 pour le poste de Premier ministre entre Benjamin Netanyahu et Shimon Peres. Les projections initiales laissaient entrevoir une course serrée avec un léger avantage pour Peres, mais au fil du dépouillement, Netanyahu s'est imposé avec environ 50,5 % des voix contre 49,5 % pour son rival.

Le scrutin de 2015 reste quant à lui tristement célèbre pour les instituts de sondage. Les enquêtes prédisaient un coude-à-coude entre le Likoud et l'Union sioniste menée par Isaac Herzog, attribuant 27 à 28 sièges au Likoud contre 26 à 27 pour ses opposants. Les résultats réels ont toutefois révélé une nette percée du Likoud à 30 mandats, tandis que l'Union sioniste reculait à 24.

Une volatilité similaire a marqué les élections d'avril 2019, où le parti Bleu Blanc de Benny Gantz avait initialement été crédité de 37 sièges contre 33 pour le Likoud, poussant ses dirigeants à proclamer prématurément la victoire. Le décompte final a finalement accouché d'une égalité parfaite de 35 mandats de part et d'autre. La même élection a failli coûter cher au parti Nouvelle Droite de Naftali Bennett, oscillant entre entrée au Parlement et élimination avant d'échouer sous le seuil électoral.

Plus récemment encore, lors des législatives de 2022, l'ensemble des instituts de sondage prédisaient quatre à cinq sièges pour le parti Meretz. Le dépouillement a finalement douché sur une désillusion, la formation manquant de justesse le seuil d'éligibilité pour environ 4 000 voix, scellant ainsi une majorité de 64 sièges pour le bloc de droite.

Aujourd'hui, les panélistes soulignent la fragilité persistante des prévisions face à la forte polarisation, à la volatilité des électeurs et aux incertitudes liées au taux de participation. Les estimations télévisées ne constituent ainsi que le premier acte d'une longue nuit électorale.

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