L'infrastructure d'influence iranienne en Thaïlande et l'hostilité anti-israélienne

L'infrastructure religieuse et éducative de l'Iran en Thaïlande alimente l'hostilité croissante envers les Israéliens, posant un défi stratégique majeur au-delà de la sécurité traditionnelle.

Israel HayomAuteur : Denis Citrinowicz
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L'infrastructure d'influence iranienne en Thaïlande et l'hostilité anti-israélienne
Photo : Israel Hayom / סביבה מאפשרת שבה מסרים אנטי־ישראליים מופצים ומקבלים לגיטימציה מקומית

L'hostilité récente envers les Israéliens en Thaïlande découle de plusieurs facteurs locaux, mais un élément crucial est souvent négligé : l'infrastructure de longue date de l'Iran dans le pays et sa capacité à influencer le discours local par le biais d'institutions religieuses, de réseaux éducatifs et de groupes militants chiites.

L'Iran maintient en Thaïlande une présence bien au-delà de la diplomatie conventionnelle. Téhéran investit depuis des années dans des centres religieux, des liens avec des religieux locaux et des systèmes académiques alignés sur le monde chiite et des institutions telles que l'Université internationale Al-Mustafa. Bien que cela ne signifie pas que toute activité chiite en Thaïlande soit d'inspiration iranienne, cela offre à Téhéran un réseau d'influence et d'accès aux publics locaux, un atout précieux mobilisé selon les intérêts stratégiques.

L'impact du conflit à Gaza

Depuis le 7 octobre, cette arène a gagné une pertinence particulière. Des personnalités associées à la communauté chiite thaïlandaise, dont Syed Sulaiman Husaini et ses proches, se sont distinguées lors de manifestations devant l'ambassade d'Israël et d'activités publiques liées à la guerre à Gaza. Parallèlement, son frère, Syed Mubarak Husaini, est publiquement lié aux réseaux associés à Al-Mustafa et à l'Association des anciens d'Iran en Thaïlande.

Les événements récents montrent à quelle vitesse l'opposition aux politiques israéliennes peut dégénérer en hostilité envers la présence juive et israélienne. Le 11 septembre, environ 500 personnes ont manifesté à Phuket près d'une maison Chabad, entraînant l'annulation d'événements de Rosh Hašana par crainte de violences. Des allégations infondées ont également émergé, affirmant que les réseaux sionistes tentaient d'accaparer des terres en Thaïlande.

Le défi du « soft power » iranien

Bien que la contestation principale ait été menée par le militant thaïlandais Sondhi Limthongkul et des groupes locaux, elle a été relayée sur les réseaux sociaux par des cercles pro-iraniens. L'Iran n'a pas besoin d'organiser directement une manifestation pour en récolter les fruits : des années d'implantation culturelle et religieuse créent un environnement propice à la légitimation locale des messages anti-israéliens.

La lutte contre l'influence iranienne ne peut se limiter au démantèlement des cellules de la Force Qods. Israël et ses alliés doivent cartographier systématiquement ces réseaux d'influence et exposer leurs sources de financement.

Cela met en lumière un angle mort stratégique. Alors que Jérusalem se concentre principalement sur les menaces militaires, les services de renseignement iraniens investissent durablement dans le soft power, exigeant une réponse globale s'étendant bien au-delà du Moyen-Orient.

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