Intel parie sur le quantique avec l'acquisition de la startup Classiq
Intel mise sur l'informatique quantique en rachetant la startup israélienne Classiq pour 2,3 milliards de dollars sous une nouvelle direction, cherchant à revitaliser sa position sur le marché technologique mondial.

Intel s'est historiquement forgé la réputation d'un mauvais acquéreur, ratant les grandes mutations technologiques—du mobile à l'intelligence artificielle—ce qui a poussé l'entreprise au bord du gouffre. Entretenant des liens étroits avec Israël, le fabricant de puces a investi des milliards de dollars dans des acquisitions qui n'ont pas généré de valeur durable. Sa plus grande transaction reste l'achat de Mobileye pour 15 milliards de dollars il y a dix ans, suivi du rachat de Moovit pour un milliard de dollars et de l'acquisition par Mobileye de la startup de robotique Mentee pour un milliard de dollars. Malgré ces investissements massifs, Mobileye est actuellement valorisée à 5,5 milliards de dollars.
Une autre transaction majeure a été l'acquisition d'Habana Labs auprès d'Avigdor Willenz en 2019 pour deux milliards de dollars. Si Intel avait su exploiter Habana Labs, l'entreprise aurait pu concurrencer les fabricants de puces d'IA, mais les activités ont été pratiquement interrompues. Un sort similaire a frappé Granulate, une startup prometteuse acquise en 2022 pour 500 millions de dollars. Cependant, un changement profond s'opère sous la direction de Lip-Bu Tan. La valorisation d'Intel a plus que doublé, s'approchant des 500 milliards de dollars, portée par des signes de redressement stratégique.
La nouvelle direction a fait preuve d'audace, illustrée par l'acquisition de la startup d'informatique quantique Classiq pour 2,3 milliards de dollars. Intel ambitionne de structurer sa nouvelle division quantique autour de Classiq, rappelant sa tentative avortée d'acquérir le fondeur israélien Tower Semiconductor pour 5,5 milliards de dollars, bloquée par les régulateurs chinois. Bien qu'Intel soit entrée tardivement dans la course quantique, l'acquisition de Classiq peut accélérer son positionnement. La startup israélienne bénéficie d'une position unique sur le marché, compatible avec diverses architectures quantiques, des ions piégés aux atomes neutres.
Alors que la course à l'informatique quantique se poursuit, les acheteurs recherchent des systèmes d'exploitation sophistiqués fournis par Classiq ou IBM. En restant indépendante, Classiq aurait nécessité des ressources financières considérables pour maintenir son avantage concurrentiel face à IBM. Si Intel exécute sa stratégie avec succès et que le marché quantique émerge enfin, Classiq pourrait reproduire pour Intel ce qu'a fait Google avec le rachat d'Android en 2005 pour 50 millions de dollars.





