Accident de la route 5 : un chauffeur de camion acquitté par la justice
Un tribunal israélien a acquitté un chauffeur de camion poursuivi pour homicide involontaire, pointant de graves lacunes dans l'enquête policière.

Un chauffeur de camion accusé d'avoir provoqué la mort de David Sela lors d'un accident mortel sur la route 5 a été acquitté par le juge Menachem Mizrahi. Ce dernier a jugé que l'accusation n'avait pas prouvé que le poids lourd avait fait une embardée sur l'accotement, tout en pointant de multiples failles dans l'enquête policière.
Selon l'acte d'accusation, l'incident s'est produit en soirée sur la route 5, à proximité de l'échangeur de Sha'ar Ephraim. Le véhicule de la victime était arrêté sur l'accotement droit, tandis que Sela s'affairait à changer un pneu avant gauche crevé. L'État soutenait qu'Ashraf Youssef, au volant d'un camion lourdement chargé circulant d'ouest en est à environ 92 km/h, avait dévié de sa trajectoire pour percuter violemment Sela et le flanc gauche de sa voiture.
Le cœur du litige et les arguments de la défense
Le procès s'est concentré sur une question centrale : le camion a-t-il dévié vers l'accotement pour frapper la victime, ou le camion est-il resté dans sa voie tandis que Sela a soudainement reculé le corps en arrière sur la chaussée ?
Youssef n'a pas contesté avoir percuté la victime, mais a rejeté l'accusation de négligence. Selon sa version, il circulait sur la voie de droite, avait aperçu le véhicule arrêté et pris des précautions, mais n'avait pas vu Sela avant l'impact imminent. Alors qu'il desserrait les boulons de la roue, Sela aurait perdu l'équilibre en marchant sur la clé dynamométrique, basculant en arrière dans le couloir de circulation du camion.
Un témoin oculaire circulant derrière le camion a confirmé qu'il n'avait vu aucune embardée du poids lourd vers la droite avant l'accident, mais l'avait vu braquer brusquement à gauche juste après. Le juge a qualifié ce témoignage de hautement fiable et objectif, corroborant la version de l'inculpation selon laquelle la victime s'était retrouvée soudainement dans la trajectoire.
Failles de l'enquête et critiques du tribunal
Le tribunal a sévèrement critiqué l'enquête de police. Entre autres défaillances, l'officier enquêteur ne s'est rendu sur les lieux que le lendemain, après que la zone ait été laissée sans surveillance et que le camion ait été libéré. En outre, la police a omis de récupérer les images de vidéosurveillance du checkpoint d'Oranit et n'a réalisé aucune autopsie.
Concernant la vitesse, le tribunal a invalidé la thèse du parquet limitant la portion à 70 km/h en raison de travaux, établissant que la limite autorisée était de 100 km/h. En tenant compte des marges techniques du tachygraphe, la vitesse du camion n'excédait pas 86 km/h.
Conclusion et acquittement
À une vitesse de 86 km/h, le camion parcourait environ 24 mètres par seconde, ne laissant aucune chance au conducteur d'éviter l'impact face à un mouvement aussi soudain.
« Je rappelle que nous traitons du droit de la négligence et que, malgré ce décès tragique et regrettable, nous ne relevons pas d'une responsabilité objective ou absolue », a souligné le juge.
Estimant que le parquet n'avait pas apporté la preuve irréfragable de la culpabilité du chauffeur, le juge Mizrahi a prononcé l'acquittement d'Ashraf Youssef.




