Haya a décidé de se convertir après le 7 octobre : « J'ai compris que l'ennemi agit par motivation religieuse »
Tou B'Av a marqué un nouveau départ pour les convertis ayant achevé leur parcours via le système « Giyur KeHalacha ». Cette initiative de l'organisation « Itim » propose une alternative au processus bureaucratique du Grand Rabbinat, souvent source de lourdes épreuves émotionnelles.
La fête juive de l'amour a apporté une double joie à plusieurs couples et individus ayant terminé leur processus de conversion et s'étant mariés selon la loi de Moïse et d'Israël via le système « Giyur KeHalacha » de l'organisation « Itim ». Derrière ces célébrations se cachent des histoires personnelles émouvantes, allant des dilemmes face à l'establishment religieux à l'éveil national suite aux événements du 7 octobre.
Environ 450 personnes passent par ce système chaque année. La grande majorité sont des immigrants d'origine juive, le plus souvent ceux dont le père ou le grand-père était juif mais dont la mère ne l'est pas. Pour eux, ce processus n'est pas seulement une procédure religieuse, mais une régularisation de leur identité au sein de la société israélienne et l'aboutissement d'un lien familial.
« En Russie, j'étais juive »
L'une des histoires les plus touchantes est celle de Haya (Inna), 53 ans, médecin de famille vivant à Jérusalem et ayant immigré de Russie. Haya, dont le père est juif, est mariée à Michael depuis 30 ans et est mère de deux officiers de Tsahal. « En Russie, j'ai toujours été juive, et quand je suis arrivée en Israël, je me suis soudainement retrouvée 'russe'. J'étais concentrée sur ma carrière et l'éducation de mes enfants, je n'avais donc pas le temps de suivre un processus officiel », partage-t-elle.
Le tournant est survenu après le 7 octobre.
« Le 7 octobre, j'ai compris que notre ennemi agit par motivation religieuse et par lien avec la terre. J'ai compris qu'il est impossible de gagner si nous ne nous connectons pas à nos racines et au sionisme. »
Suite à sa fille, qui a décidé de se convertir via « Itim », Haya a également rejoint le processus. Lors de Tou B'Av, Haya et Michael se sont tenus sous la houppa, se mariant pour la troisième fois de leur vie, mais cette fois selon la loi de Moïse et d'Israël.
Le prix de la bureaucratie du Rabbinat
Les événements ont mis en lumière le lourd tribut émotionnel que la bureaucratie du Grand Rabbinat impose aux convertis. Veronika, 33 ans, résidente de Shoham ayant immigré de Russie il y a quatre ans, a traversé un parcours turbulent. La première fois qu'elle s'est présentée devant les juges au Rabbinat, sa réponse a été mal comprise en raison de difficultés linguistiques. La deuxième fois, elle a été rejetée après que les juges ont trouvé une vieille photo en ligne datant de l'époque où elle était blogueuse, ce qui l'a amenée à supprimer complètement sa présence sur les réseaux sociaux pour prouver ses intentions.
« Les deux dernières fois au Rabbinat, ils n'ont même pas pris la peine d'expliquer pourquoi ils ne m'avaient pas fait passer », raconte Veronika avec douleur. « C'était un voyage humiliant qui m'a complètement brisée. Chaque fois que je ne passais pas, je pleurais pendant trois jours d'affilée. J'ai fait plus que ce qui était demandé, j'ai apporté des lettres de recommandation, je suis allée à la synagogue, et je ne comprenais pas ce qui manquait pour que je fasse partie de ce peuple. J'avais l'impression qu'on se jouait de moi ». Elle a finalement trouvé la réponse tant attendue dans le système « Giyur KeHalacha » : « Là-bas, j'ai rencontré des rabbins qui m'ont traitée avec gentillesse et sans aucun jugement. Ils m'ont simplement redonné le sentiment que je suis chez moi ».
Le rabbin Shaul Farber, président et fondateur de l'organisation « Itim », a félicité les convertis :
« La réalité dans laquelle des personnes qui ont lié leur destin à l'État d'Israël sont forcées de subir une épreuve bureaucratique pour se sentir partie intégrante du peuple doit changer. Il est possible de se convertir avec respect et gentillesse. L'organisation Itim et le système Giyur KeHalacha continueront d'aider les immigrants qui ont lié leur destin au peuple juif à le faire de manière halakhique, respectueuse et accueillante ».




