Un sondage secret de 2024 aurait classé Kamala Harris dernière, selon une ex-conseillère

Une ex-collectrice de fonds démocrate affirme qu'un sondage interne de 2024 classait Kamala Harris dernière face à Donald Trump, mais que les dirigeants ont ignoré les chiffres.

Now14Auteur : אפרת ברינר
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Un sondage secret de 2024 aurait classé Kamala Harris dernière, selon une ex-conseillère
Photo : Now14 / האריס | צילום: רויטרס

Une révélation dramatique met en lumière les tensions politiques qui se sont déroulées à huis clos au sein du Parti démocrate à l'approche de l'élection présidentielle américaine de 2024. Lindy Li, ancienne responsable de la collecte de fonds pour Joe Biden et Kamala Harris, affirme qu'un sondage interne approfondi mené avant même le retrait de Biden a évalué plusieurs candidats alternatifs face à Donald Trump, classant Harris en dernière position. Selon son témoignage, les cadres du parti ont décidé d'ignorer ces données et de la placer en tête de liste par crainte d'un lourd tribut politique et d'une vive réaction de la base militante.

Le sondage secret et les candidats alternatifs

Dans une interview accordée à la chaîne Fox News, à l'occasion de la sortie de son nouveau livre Unburdened, Mme Li a indiqué que ce sondage avait été commandé afin de déterminer quels dirigeants démocrates avaient le plus de chances de l'emporter contre Trump si Biden se retirait. Outre Harris, l'évaluation incluait l'ancien secrétaire aux Transports Pete Buttigieg, le gouverneur de Californie Gavin Newsom et la gouverneure du Michigan Gretchen Whitmer.

Selon Li, le résultat s'est avéré sans équivoque et embarrassant pour la vice-présidente : « Kamala Harris est arrivée dernière, ce n'était même pas serré. » Elle a ajouté que même Buttigieg, qui enregistrait un soutien quasi nul auprès des électeurs noirs dans ce même sondage, se classait devant elle. Néanmoins, les données brutes du sondage, la taille de l'échantillon et la méthodologie exacte n'ont pas été rendues publiques.

Crainte des réactions et du K-Hive

L'ancienne collectrice de fonds a souligné que ces chiffres contrastaient nettement avec le narratif que les dirigeants du parti souhaitaient promouvoir. La direction démocrate redoutait qu'écarter Harris n'entraîne une fracture irréversible avec les électrices noires, un pilier électoral crucial. De plus, elle affirme que des responsables ont été dissuadés par la réaction du réseau de militants en ligne de Harris, le K-Hive, craignant que toute tentative d'imposer un autre candidat ne suscite des accusations de racisme. L'alliance entre son statut officiel et son emprise sur les réseaux de donateurs l'a de fait rendue incontournable.

Kamala Harris est arrivée dernière, ce n'était même pas serré.

Ces révélations s'ajoutent à une autre affirmation de Li, selon laquelle le 19 juillet 2024 — à peine deux jours avant l'annonce du retrait de Biden — Harris assurait encore aux donateurs lors d'un appel privé qu'elle soutenait le président et restait engagée dans sa candidature. Quelques heures après l'annonce officielle du retrait, elle s'est empressée de mobiliser donateurs et délégués pour s'assurer l'investiture. Finalement, Harris a affronté Trump en novembre 2024, a perdu la course, et Trump est retourné à la Maison-Blanche. Mme Li, qui a depuis quitté les rangs du parti, publie aujourd'hui sa version des faits, tandis que l'équipe de Harris a choisi de ne pas commenter ces accusations.

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