Harel révèle : le taux d'intérêt en Israël est-il en passe de faire demi-tour ?
Le marché accorde une probabilité d'environ 50 % à une baisse imminente, mais une analyse approfondie de l'économie mondiale révèle pourquoi la Banque d'Israël pourrait attendre et présente une prévision surprenante pour le taux de change du dollar.

La revue de recherche hebdomadaire du groupe Harel présente une image complexe de l'économie locale et mondiale, surtout à une époque où les investisseurs tentent de comprendre vers où se dirigent les taux d'intérêt. Au centre de la revue se trouve la décision de la Banque d'Israël sur les taux d'intérêt, mais à côté de cela, Harel souligne les développements aux États-Unis, en Europe, en Corée du Sud et sur le marché de l'énergie, qui illustrent à quel point les décisions économiques sont liées entre elles.
En Israël, l'environnement inflationniste permet apparemment à la Banque d'Israël de réduire le taux d'intérêt. Cependant, Harel estime que la banque pourrait attendre, principalement en raison d'un marché du travail tendu, de risques fiscaux et géopolitiques, et de l'environnement monétaire mondial. Le marché accorde environ 50 % de probabilité à une baisse, mais Harel souligne que le calendrier est encore incertain. L'implication intéressante est que la direction générale du taux d'intérêt pourrait être à la baisse, mais la réalité locale et mondiale pourrait retarder le mouvement.
Aux États-Unis, l'image est encore plus complexe. Le gouverneur de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, a envoyé un message ferme concernant l'inflation et a clarifié que l'objectif de 2 % reste contraignant. Suite à ses remarques, la probabilité d'une hausse des taux d'intérêt en septembre a grimpé à plus de 50 %. Ici, un écart significatif est créé entre l'attente des marchés d'un assouplissement monétaire et la possibilité que la Fed choisisse plutôt de resserrer sa politique. Le prochain rapport sur l'emploi pourrait être un facteur clé dans la décision.
En Europe, les données ne sont pas non plus sans équivoque. L'activité économique montre des signes de reprise, le crédit bancaire augmente et l'Allemagne revient en tête, mais les prix élevés de l'énergie continuent d'alimenter l'inflation. Par conséquent, c'est précisément le renforcement de l'activité économique qui pourrait conduire la Banque centrale européenne à une nouvelle hausse des taux d'intérêt.
En Corée du Sud, une nouvelle hausse des taux d'intérêt à 3 % a été enregistrée, en partie sur fond de force des secteurs de la technologie et des puces, parallèlement aux inquiétudes concernant l'inflation et les prix des logements. En revanche, Harel estime qu'après deux hausses consécutives, la banque centrale pourrait passer à une période d'attente.
Le marché de l'énergie démontre également la même tendance. Les prix du pétrole ont peut-être temporairement chuté en dessous de 90 dollars le baril, mais les tensions avec l'Iran et le risque pour les routes maritimes continuent de créer une prime de risque qui rend difficile une baisse significative des prix. Dans le même temps, l'accord américain avec le Venezuela pourrait augmenter la production à l'avenir, mais Harel souligne qu'il s'agit d'une solution à long terme qui nécessitera d'énormes investissements et des années de développement d'infrastructures.
Les prévisions de Harel illustrent l'image. Alors que le marché et Harel s'attendent à un taux d'intérêt de 3 % en Israël dans six mois, Harel prévoit un dollar à un taux de 2,95 shekels, contre 3 shekels dans la tarification du marché. Concernant l'inflation, Harel prévoit 1,9 % au cours des 12 prochains mois, contre 1,8 % selon le marché.
La raison pour laquelle la revue est particulièrement intéressante est que les données ne racontent pas une seule histoire. L'inflation permet apparemment des baisses de taux d'intérêt, mais la géopolitique et la politique des banques centrales dans le monde dictent la prudence. L'activité en Europe s'améliore, mais c'est précisément la reprise qui pourrait maintenir l'inflation. En Corée du Sud, la force de l'industrie des puces affecte déjà la politique monétaire, et sur le marché de l'énergie, les risques géopolitiques continuent de dicter les prix.
Pour les investisseurs, le message principal de Harel est que la voie à suivre n'est pas linéaire. Les marchés doivent faire face simultanément aux taux d'intérêt, à l'inflation, à la croissance, à l'énergie et à la géopolitique, où tout changement dans l'un des facteurs peut rapidement affecter les autres.





