Tensions portuaires à Haïfa : un conflit de pilotes retarde un navire de Zim
Un conflit social chez Trafic maritime de Haïfa entraîne un retard de 33 heures pour un navire de la compagnie Zim, suite au refus d'un pilote d'effectuer une manœuvre de remorquage, provoquant une vive escalade avec la direction.
Un conflit du travail chez Trafic maritime de Haïfa, l'entreprise publique fournissant des services de pilotage et de remorquage aux ports de Haïfa, continue de perturber gravement la continuité des opérations maritimes. Au cœur de la dernière confrontation se trouve le navire Norfolk de la compagnie Zim, dont l'entrée dans le port de Haïfa a été retardée de 33 heures après qu'un pilote a refusé d'exécuter une manœuvre prévue et a quitté son poste.
Selon la direction, la manœuvre était programmée pour la nuit du 26 septembre, après l'accostage d'un navire de la compagnie MSC. La direction affirme que le pilote a estimé que le nombre de remorqueurs mis à sa disposition était insuffisant, bien que l'entreprise ait préalablement coordonné trois de ses propres remorqueurs et deux unités de renfort. La direction soutient que le pilote n'a pas exécuté la manœuvre malgré les demandes répétées du capitaine du port, avant de libérer les équipages des remorqueurs et de quitter sa garde avant la fin, sans autorisation. Le navire de Zim n'est finalement entré dans le port qu'à 9h00 le 27 septembre.
Justifications et contestations syndicales
De son côté, le pilote a affirmé n'avoir pas été informé de l'arrivée du navire Zim. Le capitaine du port a reconnu que la mise à jour avait été envoyée par erreur à un autre pilote, tout en précisant que l'information avait ensuite été transmise au pilote concerné. Concernant son refus d'introduire le navire, le pilote a invoqué l'absence de deux remorqueurs supplémentaires, jugés indispensables pour assurer la sécurité d'une telle opération.
« Au lieu d'une enquête professionnelle, on nous impose une audience disciplinaire », ont dénoncé les représentants des pilotes. « Nous ne sommes pas la foule qu'on essaie de décrire. Malgré un conflit du travail déclaré il y a deux mois et a demi, nous ne faisons pas grève et comprenons l'importance de notre mission. »
Cet incident s'ajoute à une série de tensions depuis le déclenchement du conflit social, qui dure depuis plus d'un an. En février dernier, des pilotes avaient refusé d'accueillir un navire MSC de 400 mètres au Port de la Baie en raison d'un désaccord sur la rémunération liée aux méga-navires. Le tribunal du travail de Haïfa avait alors ordonné l'accueil du navire et le retour des parties à la table des négociations.
Mesures disciplinaires envisagées
La direction de Trafic maritime de Haïfa reproche également au pilote d'autres infractions disciplinaires, notamment un défaut de reprise du travail à l'heure convenue lors d'une pause durant la fête de Souccot. Le pilote s'est défendu en expliquant qu'il était resté à proximité pour attendre de nouvelles instructions. Face à la gravité des faits reprochés, la direction étudie la possibilité d'une suspension ou d'un licenciement.
En réaction, la Histadrout a publié un communiqué rejetant la convocation à l'audience, qualifiant la procédure de viciée et visant à imputer la responsabilité d'un échec opérationnel à un employé. La direction de l'entreprise a quant à elle souligné qu'elle agit conformément aux règlements et aux conventions collectives.